Abdullah Öcalan délivre un rare message vidéo depuis sa prison, diffusé le 9 juillet 2025, appelant à un abandon de la lutte armée au profit du dialogue politique et de la paix sociale. À ses côtés se trouvent ses codétenus Hamili Yıldırım (à droite) et Veysi Aktaş (à gauche). Derrière eux, de gauche à droite : Ergin Atabey, Mahmut Yamalak, Zeki Bayhan et Ömer Hayri Konar. (Photo : ANF)
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Les partis d’opposition exigent la publication des comptes-rendus des discussions des députés avec Öcalan

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Par Bosphorama

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Les partis d’opposition en Turquie appellent le gouvernement à publier intégralement les comptes-rendus d’une récente rencontre entre des parlementaires et Abdullah Öcalan, le leader emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), sur l’île-prison d’İmralı.

La réunion a rassemblé trois députés — un chacun du parti au pouvoir Justice et Développement (AKP), de son allié clé le Parti du mouvement nationaliste (MHP) et du parti pro-kurde Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Partisi).

Le conflit vieux de plusieurs décennies entre la Turquie et le PKK, désigné comme une « organisation terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux, a fait des dizaines de milliers de victimes.

Les parlementaires se sont rendus à İmralı, située en mer de Marmara, dans le cadre d’une commission parlementaire formée en août pour préparer le cadre juridique d’une paix éventuelle entre l’État et le PKK.

Les discussions auraient duré près de trois heures et ont été enregistrées par l’Organisation nationale du renseignement (MİT), qui a également documenté les débats en détail.

Malgré cela, le gouvernement ne s’est pas engagé à publier les transcriptions. Les plans actuels prévoient seulement un briefing verbal aux autres membres de la commission, ce qui suscite des critiques de plusieurs partis.

Özgür Özel, leader du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, a révélé que le parti au pouvoir avait proposé au CHP de participer discrètement à la visite sans divulgation publique. S’exprimant dans le quotidien Cumhuriyet, Özel a déclaré qu’un responsable de l’AKP lui avait dit que la visite ne serait pas annoncée publiquement et que l’identité du représentant du CHP pourrait rester confidentielle.

« Ils ont dit : ‘Il n’y aura ni vidéo, ni photo. Personne ne saura quand cela s’est produit. Si vous voulez, nous dirons simplement que quelqu’un du CHP y est allé’ », a déclaré Özel. « J’ai demandé : ‘Est-ce vraiment une visite, alors ?’ Et ils ont répondu : ‘Ce sera comme ça.’ C’est ce qui nous a fait refuser l’offre. »

Özel a critiqué la gestion du processus par le gouvernement, l’accusant de chercher un avantage politique tout en évitant toute responsabilité.

« L’AKP essaie d’en tirer profit tout en reportant le risque sur le MHP », a-t-il affirmé.

Il a soutenu que la commission chargée du processus doit recevoir les comptes-rendus complets et non édités de la réunion. « Qu’y a-t-il à İmralı qui doive rester secret ? », a-t-il demandé. « S’il n’y a rien à cacher, alors nous soutiendrons sa publication. »

Ayşegül Doğan, porte-parole du DEM Partisi, a qualifié la rencontre d’ »événement historique » et a souligné que la transparence était essentielle. « Manipuler les enregistrements ou les garder cachés ne fait qu’accroître la suspicion », a-t-elle déclaré. « Les partager renforce la confiance. »

Ahmet Şık, député du Parti des travailleurs de Turquie (TİP), a également plaidé pour la publication des comptes-rendus. « Le travail de la commission doit rester sous contrôle parlementaire et être mené en toute transparence », a-t-il insisté.

D’autres partis d’opposition, dont le Parti de la démocratie et du progrès (DEVA), le Parti de la félicité (SP), le Parti futuriste et le Parti démocrate (DP), ont exprimé leur inquiétude face à l’approche gouvernementale. DEVA et ses alliés avaient proposé que toute la commission rencontre Öcalan par visioconférence sécurisée plutôt qu’en envoyant une délégation, mais cette suggestion a été rejetée. Ils estiment que la transparence est cruciale pour la légitimité démocratique.

Le gouvernement a affirmé que les discussions étaient enregistrées et qu’aucun échange secret n’avait eu lieu, mais s’est abstenu de confirmer si les transcriptions seraient rendues publiques. Entre-temps, les partis d’opposition continuent de réclamer une divulgation complète, insistant sur le droit du public à connaître le contenu des échanges entre les parlementaires et Öcalan.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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