Les prisons « type puits » de la Turquie critiquées face aux grèves de la faim et aux préoccupations en matière de droits humains
Les groupes de défense des droits et les détenus ont intensifié leurs critiques contre les prisons de haute sécurité « type puits » en Turquie, accusant ces établissements de causer surpopulation, privation de lumière naturelle et négligence médicale, rapporte le Stockholm Center for Freedom en citant des médias turcs.
Les prisons de type S et Y — surnommées « type puits » — suscitent des critiques récurrentes. Neuf détenus observent actuellement une grève de la faim, et l’un d’eux, Serkan Onur Yılmaz, incarcéré à la prison de haute sécurité de Bolu, a passé à la grève de la faim jusqu’à la mort, exigeant la fermeture des « type puits » et des transferts vers d’autres établissements.
La Turquie classe ses prisons selon des lettres — S, Y, F, T et L — correspondant à des designs, niveaux de sécurité et capacités différents. Les types S et Y font régulièrement l’objet de dénonciations pour leur isolement cellulaire, leurs restrictions aux interactions sociales et leur limitation drastique des activités en plein air, sportives et récréatives, comme le rapporte Bianet.
Les détenus souffrant de troubles musculaires dus au manque de soleil et d’exercice se voient refuser des soins médicaux. Ali Bozan, député du Parti démocratique des peuples (DEM), affirme que certains prisonniers n’ont pas accès à des traitements depuis près de trois ans.
L’isolement social constitue un autre grief majeur. Certains détenus éligibles se voient toujours refuser des visites. La surveillance caméra 24h/24 persiste malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle la jugeant contraire au droit à la vie privée. Ces conditions alimentent une détresse psychologique croissante.
« Il existe des conditions empêchant totalement l’accès à la lumière du jour. Les pratiques d’humiliation, d’isolement et d’incertitude intentionnelle détériorent la santé et déshumanisent les prisonniers », a déclaré la Professeure Şebnem Korur Fincancı, experte médico-légale et militante des droits humains. Elle qualifie ces pratiques d’isolement voire de torture.
L’Association d’entraide et de solidarité avec les familles de détenus (TAYAD) dénonce une instrumentalisation des prisons comme outil de répression par le gouvernement.
Malgré les revendications des détenus et des ONG, les autorités n’ont apporté aucune amélioration. Les prisonniers subissent toujours l’obscurité, le manque d’air frais, des restrictions de sortie et une surpopulation carcérale critique.
La Turquie compte 400 prisons d’une capacité officielle de 304 608 places pour 416 927 détenus actuels, dont 13 établissements de type Y, 7 de type S et 22 autres centres de haute sécurité. Malgré cette crise, le ministère de la Justice prévoit 20 milliards de TL (490 millions de dollars) pour construire 11 nouvelles prisons d’ici 2027.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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