TÜPRAŞ, acronyme de Türkiye Petrol Rafinerileri A.Ş., est le plus grand raffineur de pétrole de Turquie et l'une des entreprises énergétiques les plus stratégiques du pays.
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Les privatisations sous l’AKP ont été multipliées par 63 par rapport à l’ère pré-2002

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Par Bosphorama

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Les revenus des privatisations sous le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie ont été multipliés par 63 par rapport à la période précédant son arrivée au pouvoir en 2002, selon des données officielles révélant l’ampleur des cessions d’actifs publics réalisées durant les plus de deux décennies de règne du parti, a rapporté le quotidien Birgün ce lundi.

Les chiffres de l’Administration des privatisations montrent que le revenu total des privatisations s’élevait à un peu plus de 3 milliards de livres turques (70 millions de dollars) entre 1986, date des premières privatisations en Turquie, et 2002, alors qu’il a atteint 192,6 milliards de livres (4,4 milliards de dollars) entre 2003 et 2025.

Ces données révèlent que les privatisations sous les gouvernements de l’AKP ont largement dépassé celles réalisées durant les 16 années précédentes, tant en volume qu’en valeur, avec une accélération des cessions à grande échelle d’entreprises publiques et de biens immobiliers.

Les ventes de biens immobiliers publics ne représentaient qu’une fraction minime des revenus des privatisations entre 1986 et 2002, totalisant environ 55 millions de livres (1,2 million de dollars). Sous les gouvernements de l’AKP cependant, le rôle des ventes de terrains et propriétés publiques s’est considérablement accru, représentant plus de 46,5 milliards de livres et devenant un pilier central de la politique de privatisation (1 milliard de dollars).

Cette politique fut clairement énoncée dès les premières années du règne de l’AKP. Kemal Unakıtan, premier ministre des Finances du parti décédé en 2016, déclarait que l’État se retirerait de l’activité économique et vendrait tant les entreprises publiques rentables que déficitaires, invitant les investisseurs nationaux et étrangers à y participer.

Les chiffres officiels montrent une nette accélération des cessions d’actifs ces dernières années. Rien qu’en 2025, les revenus des privatisations ont atteint 61,54 milliards de livres (1,4 milliard de dollars), soit le chiffre annuel le plus élevé enregistré sous le règne de l’AKP. Les revenus s’élevaient à 266,6 millions de livres (6,1 millions de dollars) en 2003, sont passés à 11,1 milliards (257 millions de dollars) en 2005, ont atteint 7,7 milliards (1,7 milliard de dollars) en 2008 et 5,4 milliards (125 millions de dollars) en 2012. Les années suivantes ont vu un recul à 2,7 milliards (62,7 millions) en 2017 et 3,9 milliards (90,6 millions) en 2023 avant un nouveau bond en 2025.

L’ampleur des privatisations constitue depuis longtemps une source de controverse politique en Turquie. Les critiques affirment que des actifs publics stratégiques, notamment des terrains et des entreprises publiques bâties sur des décennies, ont été cédés rapidement et parfois en dessous de leur valeur marchande, affaiblissant le contrôle public sur des secteurs clés.

Les partisans de cette politique défendent les privatisations comme un moyen de réduire l’empreinte économique de l’État et de générer des revenus, particulièrement en période de tension budgétaire.

Les derniers chiffres montrent cependant à quel point le rythme et la valeur des privatisations se sont accrus de manière spectaculaire sous l’ère AKP par rapport aux gouvernements précédents, faisant des cessions d’actifs l’une des politiques économiques emblématiques de la présidence de Recep Tayyip Erdoğan.

La politique de privatisation des gouvernements AKP a inclus la vente totale ou partielle de certaines des entreprises publiques les plus emblématiques de Turquie dans des secteurs clés comme l’énergie, l’industrie lourde, les télécommunications, la finance et les transports.

Parmi les principaux actifs privatisés ces deux dernières décennies figurent TÜPRAŞ, PETKİM, Türk Telekom, la division boissons alcoolisées de TEKEL, les papeteries SEKA, Sümer Holding, OYAKBANK, des parts de Turkish Airlines, l’aéroport Sabiha Gökçen et des ports majeurs comme İskenderun et Antalya dans le sud de la Turquie.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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