Les procureurs demandent une peine de prison pour le maire par intérim d’Istanbul suite à l’incident au palais de justice
Un acte d’accusation a été déposé contre Nuri Aslan, maire par intérim d’Istanbul, pour « tentative d’entrave à l’exercice des fonctions publiques », une infraction passible de six mois à trois ans de prison selon les procureurs.
L’affaire découle d’un incident survenu le 27 mai, lorsque Aslan s’est rendu au palais de justice de Çağlayan pour rencontrer les proches d’employés de la municipalité métropolitaine d’Istanbul arrêtés lors de la quatrième vague d’une enquête pour corruption visant la mairie. Cette enquête avait conduit à l’arrestation en mars du populaire maire Ekrem İmamoğlu.
Selon le procureur général d’Istanbul, Aslan aurait menacé le personnel de sécurité après s’être vu refuser l’accès aux familles des fonctionnaires municipaux détenus. Suite à cet incident, les procureurs ont ouvert une enquête contre Aslan pour entrave aux fonctions publiques.
Le parquet a confirmé par la suite avoir préparé un acte d’accusation contre Aslan pour violation de l’article 265 du code pénal turc, qui criminalise la résistance ou l’entrave aux agents dans l’exercice de leurs fonctions.
En cas de condamnation, Aslan risque une peine de prison allant de six mois à trois ans.
Après son arrestation, İmamoğlu a également été destitué de ses fonctions, mais contrairement à la pratique habituelle pour les maires arrêtés ou limogés, le gouvernement n’a pas nommé d’administrateur pour gérer la municipalité d’Istanbul.
Le CHP a élu Aslan, membre du conseil municipal d’Istanbul, pour diriger la ville en l’absence d’İmamoğlu.
İmamoğlu, considéré comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, a été réélu maire d’Istanbul lors des élections locales de mars 2024. Son mandat expire en mars 2029.
Nombreux sont ceux qui estiment que l’arrestation d’İmamoğlu est politiquement motivée, visant à écarter le maire en vue de la prochaine élection présidentielle prévue en 2028.
Son arrestation a provoqué des nuits de manifestations d’une ampleur inédite en Turquie depuis 2013, ainsi qu’une condamnation généralisée de l’Europe, de l’ONU et d’autres organisations internationales.
L’acte d’accusation contre Aslan intervient dans un contexte de multiples enquêtes pour corruption et abus de pouvoir visant des figures du CHP à travers le pays, que les responsables du parti qualifient de politiquement motivées.
Depuis octobre 2024, plus de 10 maires du CHP, dont İmamoğlu, ont été placés en détention provisoire ou arrêtés pour des accusations allant de la corruption à des liens présumés avec le terrorisme.
Le CHP dénonce ces enquêtes comme faisant partie d’une campagne gouvernementale visant à affaiblir les élus de l’opposition après le succès du parti aux élections locales de mars 2024, où il a remporté la plupart des grandes villes.
Les organisations de défense des droits ont averti que cette série d’arrestations affaiblit davantage l’opposition démocratique en Turquie à l’approche des prochaines élections nationales.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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