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Les sanctions américaines révèlent le lien turc dans un trafic d’or entre l’Iran et le Hezbollah

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Par Bosphorama

Publié le

Le département du Trésor américain a annoncé mercredi des sanctions visant un réseau de blanchiment d’argent qui aurait acheminé du pétrole iranien vers le Venezuela en échange d’or, ensuite revendu sur le marché noir turc pour financer le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC-QF) et le Hezbollah.

Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a désigné le ressortissant iranien Seyed Naiemaei Badroddin Moosavi, décrit comme un financier du Hezbollah lié à l’IRGC-QF, ainsi que trois entreprises impliquées dans ce schéma.

Selon le Trésor, Moosavi aurait organisé la contrebande de pétrole iranien vers le gouvernement de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro en échange d’or, en partie acquis en dessous du prix du marché.

L’or était ensuite acheminé par la compagnie aérienne Mahan Air (également sanctionnée par les États-Unis) vers des membres du Hezbollah à Téhéran, dont le financier Ali Qasir (lui aussi sous sanctions américaines), puis introduit clandestinement en Turquie pour être écoulé sur le marché noir.

Les profits étaient finalement rapatriés vers l’Iran au profit de l’IRGC-QF via un canal de financement du Hezbollah actif depuis plus de cinq ans, selon le Trésor.

Moosavi aurait collaboré avec Tareck Zaidan El Aissami Maddah, ancien vice-président et ministre du pétrole vénézuélien désigné par Washington comme trafiquant de drogue, et avec Viktor Artemov, facilitateur maritime sous sanctions américaines. Le pétrole était transporté via des transbordements en mer, des manipulations du système d’identification automatique et des « pétroliers zombies », payés en or et diamants.

L’OFAC affirme que Moosavi était en contact direct avec Maduro, actuellement détenu à New York pour trafic de drogue. Après l’arrestation en 2020 du Colombien Alex Saab (présenté comme prête-nom de Maduro), Moosavi aurait repris une partie de ses activités de facilitation financière. Saab, arrêté au Cap-Vert en 2020, a été interpellé à nouveau au Venezuela en février lors d’une opération conjointe avec le FBI après la capture de Maduro.

Ces sanctions s’inscrivent dans une action plus large de l’OFAC visant le réseau maritime du négociant pétrolier iranien Mohammad Hossein Shamkhani, fils d’Ali Shamkhani (ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien), tué lors des frappes américano-israéliennes du 28 février.

L’OFAC a ciblé plus d’une vingtaine d’individus, entreprises et navires du réseau Shamkhani, qualifié de « circuit multmilliardaire de vente de pétrole iranien et russe ». Ces mesures s’appuient sur les décrets présidentiels 13902 (sanctionnant des secteurs clés de l’économie iranienne) et 13224 (lutte contre le terrorisme).

Selon le Trésor, ce réseau utilise une flotte de pétroliers pour transporter des hydrocarbures iraniens et russes. Neuf navires et leurs sociétés affiliées ont été sanctionnés, dont des tankers ayant transporté plus de 20 cargaisons de produits pétroliers russes en 2025, et un autre ayant acheminé plus de 3 millions de barils de GPL iranien depuis début 2025.

Le réseau s’appuie également sur des sociétés-écrans basées aux Émirats arabes unis (sociétés maritimes, cabinets de conseil) donnant une apparence de légitimité. Parmi les nouvelles entités désignées figurent House of Shipping Investment FZCO, Taylor Shipping FZCO, Oriel Group et Meritron DMCC – cette dernière ayant tenté d’acquérir deux nouveaux navires en Corée du Sud pour des dizaines de millions de dollars entre 2025 et début 2026.

Cette action fait suite aux sanctions de juillet 2025 contre le réseau Shamkhani, présentées comme la plus importante mesure américaine contre l’Iran depuis la reprise de la politique de « pression maximale » sous l’administration Trump. Depuis le mémorandum présidentiel NSPM-2, l’OFAC a sanctionné plus de 1000 individus, entités, navires et avions.

« Le Trésor intensifie l’opération ‘Economic Fury’ en ciblant les élites du régime comme les Shamkhani qui profitent au détriment du peuple iranien », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent. « Sous la direction du président Trump, nous continuerons à démanteler les réseaux illicites et les proxies terroristes de l’Iran. »

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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