L’ex-directeur de l’industrie militaire arrêté en Turquie dans une enquête sur le crime organisé liée à l’allié nationaliste d’Erdoğan
L’ancien dirigeant du fabricant d’armes public turc a été incarcéré dans le cadre d’une enquête élargie sur le crime organisé ayant déjà ciblé une figure du milieu liée aux alliés d’extrême droite du président Recep Tayyip Erdoğan.
İsmet Sayhan, ancien président du conseil d’administration de la Société d’industrie mécanique et chimique (MKE), a été arrêté mercredi par un tribunal d’İstanbul après des accusations du parquet pour « destruction, détournement ou obtention frauduleuse de documents relatifs à la sécurité de l’État ». Ces charges peuvent entraîner des peines de prison selon le code pénal turc.
L’arrestation de Sayhan, présenté dans les médias turcs comme proche du leader du Parti du mouvement nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli, intervient quelques jours après l’interpellation puis l’incarcération de Selahattin Yılmaz, un parrain du crime organisé condamné et longtemps associé aux milieux nationalistes. Yılmaz et neuf autres ont été écroués la semaine dernière dans la même affaire, que les autorités décrivent comme impliquant une organisation criminelle armée active dans cinq provinces.
La MKE, que Sayhan a dirigée, est un producteur clé d’armements fabriquant munitions, artillerie et autres équipements pour les forces armées turques. Considérée comme un pilier stratégique de l’industrie de défense du pays, l’arrestation de son ancien président revêt une sensibilité particulière.
Le procureur de la République d’İstanbul a indiqué que l’enquête avait débuté sur des allégations selon lesquelles Yılmaz dirigeait un réseau criminel impliqué dans des menaces et trafics illicites. Des opérations policières ont été menées à İstanbul, Ankara, Antalya, Muğla et Samsun, aboutissant à 17 interpellations. Les tribunaux ont ordonné la détention provisoire de 10 suspects, la libération sous contrôle judiciaire de six autres et relaxé un dernier. Sayhan figurait parmi les initialement interpellés.
L’affaire suscite des débats politiques en raison des anciennes proximités de Yılmaz avec Bahçeli, qui l’a publiquement défendu cette semaine comme un « camarade » et exprimé sa confiance en son acquittement final. Les observateurs relèvent que de tels propos sont inhabituels pour un allié d’Erdoğan pendant une procédure pénale, alimentant des spéculations sur des tensions entre le MHP et le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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