Öcalan et le parti pro-kurde appellent à des mesures juridiques pour relancer le processus de paix avec le PKK
Abdullah Öcalan, leader emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), et le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM), pro-kurde en Turquie, appellent à des mesures juridiques concrètes pour relancer les efforts de paix avec le PKK, organisation interdite.
Öcalan, détenu dans la prison de l’île d’İmralı depuis 1999, a rencontré ses avocats pour la première fois depuis six ans lundi dernier, selon le cabinet d’avocats Asrın. Ses avocats ont déclaré qu’il estime que les efforts pour mettre fin au conflit vieux de plusieurs décennies avec le PKK ont atteint un stade où de nouvelles lois sont nécessaires pour protéger les militants ayant déposé les armes et répondre aux revendications kurdes en matière de droits politiques et culturels.
Le 30 juillet, des militants du PKK ont brûlé leurs armes dans le nord de l’Irak, un premier pas symbolique après qu’Öcalan a exhorté le groupe plus tôt cette année à déposer les armes et à se dissoudre. Le PKK a annoncé en mai qu’il se conformerait à cette demande. Plus de 40 000 personnes ont été tuées depuis que le groupe a lancé son insurrection en 1984.
Selon le cabinet Asrın, Öcalan a déclaré à ses avocats que la question kurde a des dimensions politiques, sociales, économiques et culturelles et que leur résolution nécessite une législation transitoire. Il a affirmé rester engagé en faveur d’une coexistence dans le cadre d’une « nation démocratique ». Ses avocats ont indiqué qu’Öcalan considérait cette rare rencontre comme un signe qu’ »une porte s’est ouverte par le droit ».
On attend désormais que le gouvernement turc réponde à la démarche du PKK par des mesures juridiques incluant des protections pour les militants déposant les armes et élargissant les revendications historiques des Kurds du pays en matière de droits politiques et culturels.
Gülistan Kılıç Koçyiğit, vice-présidente du groupe parlementaire du DEM, a exprimé des vues similaires mercredi, appelant une commission parlementaire créée le mois dernier à consulter Öcalan et à prioriser l’élaboration de mesures juridiques. Cette commission a pour mission de faire avancer les efforts visant à mettre fin à la campagne armée du PKK et à promouvoir une réconciliation juridique et politique avec les Kurds du pays.
Lors d’une conférence de presse à Ankara, elle a déclaré que la question kurde doit être abordée non seulement comme une question politique mais aussi dans ses dimensions économiques, sociales et culturelles.
Koçyiğit a estimé que les gestes symboliques ne suffisent plus et a appelé à des « mesures concrètes et pratiques » pour garantir des résultats tangibles dans le processus de paix. Elle a demandé que la commission prépare rapidement une légération permettant aux militants du PKK déposant les armes de revenir en Turquie sans poursuites judiciaires, une mesure absente des précédentes initiatives de paix.
« La commission doit entendre Öcalan, l’acteur principal ayant initié ce processus, si nous voulons un progrès réel », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’une sous-commission devrait être envoyée à İmralı et que le parlement devrait rapidement commencer à rédiger le cadre juridique nécessaire.
Öcalan et le DEM ont souligné qu’en l’absence de garanties juridiques et de réformes institutionnelles, les espoirs d’une paix durable et d’une solution démocratique à la question kurde risquent de s’évanouir à nouveau.
Classé comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux, le PKK luttait initialement pour un État kurde indépendant dans le sud-est avant de revendiquer simplement de plus grands droits kurdes et des réformes démocratiques.
Le processus de paix relancé a été initié en octobre 2024 par Devlet Bahçeli, leader du Parti d’action nationaliste (MHP), allié clé du gouvernement. Bahçeli avait publiquement appelé Öcalan à exhorter le PKK à déposer les armes. Öcalan avait répondu en février par un message appelant le PKK à désarmer et se dissoudre.
Le PKK a lancé son insurrection en 1984. Il a décidé en mai de se dissoudre, désarmer et mettre fin à sa campagne armée, déclarant avoir « accompli sa mission historique » conformément à l’appel d’Öcalan.
Le DEM a facilité les discussions entre Öcalan et Ankara durant ce processus en lui rendant régulièrement visite en prison.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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