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Remettre en cause la vision fondatrice de la Turquie est une « trahison », avertit l’allié d’extrême droite d’Erdoğan

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Par Bosphorama

Publié le

Le leader du Parti d’action nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli a averti lundi que toute tentative de modifier les principes fondateurs de la Turquie ou sa structure étatique unitaire équivalait à une « trahison ». Des propos interprétés par les analystes comme un message à son allié, le président Recep Tayyip Erdoğan, alors que son parti au pouvoir envisage des mesures liées à une paix avec les militants kurdes et une possible nouvelle constitution.

Lors d’un événement à Ankara marquant le 57e anniversaire du MHP, Bahçeli a déclaré que remettre en question « les principes fondateurs et la structure de la République » et tenter de « les détruire sur des bases ethniques » saperait l’existence même de l’État. « Cela s’appelle aussi trahison », a-t-il ajouté.

Bahçeli, dont le MHP est le principal allié parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir et membre de l’alliance électorale pro-Erdoğan dite « Alliance du peuple », a présenté Ankara comme un symbole de la structure unitaire turque, rappelant l’année de fondation de la république en 1923.

Sans nommer explicitement Erdoğan ou l’AKP, le discours de Bahçeli reprenait les lignes rouges politiques historiques concernant les premiers articles de la constitution, qui définissent l’État comme laïc, unitaire et désignent Ankara comme capitale – des dispositions traditionnellement considérées comme intouchables dans le paysage politique turc.

Dans ce même discours, Bahçeli a tenté d’établir une distinction entre nationalisme ethnique et nationalisme civique basé sur la citoyenneté, affirmant que « toute forme de nationalisme raciste fondé sur les liens du sang et l’ascendance » est contraire au nationalisme turc. Il a déclaré que la nation turque porterait son « passé victorieux » vers l’avenir « avec le Turc et le Kurde », présentant cette unité comme un devoir à accomplir « au prix même de nos vies ».

Bahçeli a également profité de cet anniversaire pour attaquer les figures politiques ayant quitté son parti ou changé d’alliance, les qualifiant de « convertis politiques » et moquant ce qu’il décrit comme de l’opportunisme parmi les auto-proclamés nationalistes.

Ces remarques interviennent alors que le camp au pouvoir tente de préserver sa base nationaliste tout en explorant des mesures susceptibles d’apaiser les tensions avec les acteurs politiques kurdes et de résoudre un conflit ayant fait des dizaines de milliers de victimes depuis les années 1980.

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), désigné comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux, mène une insurrection depuis 1984. Une précédente initiative de paix avait échoué en 2015. Début 2025, le PKK a déclaré un cessez-le-feu après un appel de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan, enjoignant au groupe de déposer les armes et de se dissoudre – des mesures qui auraient d’importantes implications sur la politique intérieure turque et sur les groupes armés kurdes en Syrie et en Irak voisins.

Parallèlement, Erdoğan a multiplié ces dernières années les signaux en faveur d’un remplacement de la constitution turque de 1982, rédigée après un coup d’État militaire. Toute révision constitutionnelle reste politiquement sensible car les nationalistes turcs s’opposent traditionnellement aux amendements susceptibles de modifier la définition de la citoyenneté, de la langue ou de l’État unitaire – des questions étroitement liées aux revendications kurdes pour une plus grande reconnaissance culturelle et politique.

Certains commentateurs estiment que le soutien du Parti démocratique des peuples (DEM), pro-kurde, pourrait s’avérer crucial pour toute révision constitutionnelle nécessitant des voix au-delà du bloc AKP-MHP, bien que le DEM opère sous une pression juridique et politique constante.

Erdoğan, qui gouverne la Turquie depuis plus de deux décennies, a offert à Bahçeli une composition de 57 roses en forme de drapeau turc pour marquer l’anniversaire du parti. Bahçeli a publiquement remercié Erdoğan pour ce geste lors de l’événement organisé à Ankara.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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