RSF exhorte la Turquie à libérer un journaliste arrêté pour « espionnage »
Reporters sans frontières (RSF) a appelé mardi les autorités turques à libérer immédiatement le journaliste Merdan Yanardağ, rédacteur en chef de la chaîne TELE1, arrêté pour « espionnage ».
Yanardağ a été interpellé le 24 octobre à Istanbul puis placé en détention provisoire, accusé d’espionnage dans une enquête visant également le maire emprisonné d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, et son directeur de campagne Necati Özkan.
RSF souligne que ces nouvelles accusations surviennent alors que la Cour constitutionnelle turque a récemment estimé que la détention provisoire de Yanardağ en 2023 pour « propagande terroriste » était illégale. La cour a ordonné à l’État de lui verser 166 500 livres turques de dédommagement.
Les juges ont considéré que Yanardağ, journaliste depuis 42 ans, n’avait fait l’apologie d’aucune « organisation terroriste » et que son emprisonnement violait son droit à la liberté et à la sûreté. Sa précédente détention faisait suite à des propos diffusés sur TELE1 critiquant la gestion gouvernementale de la question kurde.
Deux jours après l’interpellation de Yanardağ à son domicile, un tribunal a également placé la maison-mère de TELE1, ABC Radio Television and Digital Broadcasting Corporation, sous le contrôle du Fonds d’assurance des dépôts d’épargne (TMSF), organisme public.
Des dizaines d’employés de TELE1 ont depuis démissionné plutôt que de travailler sous la tutelle d’un administrateur nommé par une instance proche du gouvernement.
« L’accumulation de poursuites contre Merdan Yanardağ sur la base d’accusations absurdes visant clairement son journalisme indépendant, les sanctions contre sa chaîne et la décision de la Cour constitutionnelle confirmant l’injustice de sa précédente détention révèlent l’ampleur de la tentative des autorités de le réduire au silence ainsi que sa chaîne par le biais des tribunaux », a déclaré Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie.
RSF précise que Yanardağ a été poursuivi quatre fois en cinq ans et que ses arrestations répétées s’inscrivent dans un schéma plus large de harcèlement judiciaire contre les médias critiques en Turquie.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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