Un manifestant de la communauté ouïghoure vivant en Turquie participe à une protestation contre la visite du ministre chinois des Affaires étrangères en Turquie, à Istanbul le 25 mars 2021. Des centaines de personnes ont protesté contre cette visite officielle chinoise et ce qu'ils dénoncent comme l'oppression du gouvernement chinois envers les Ouïghours musulmans dans la province du Xinjiang, à l'extrême-ouest du pays. Bulent KILIC / AFP
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Turkish Airlines va lancer des vols vers le Xinjiang alors que des défenseurs des Ouïghours mettent en garde contre un tourisme qui alimente la propagande de Pékin

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Par Bosphorama

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Turkish Airlines annonce le lancement de vols réguliers vers Ürümqi dans la région chinoise du Xinjiang, une initiative que les défenseurs des droits des Ouïghours jugent risquée car susceptible d’aider Pékin à promouvoir une image touristique d’une vie normale dans une région où l’ONU et les principales organisations de défense des droits humains ont documenté de graves violations contre les Ouïghours et autres minorités musulmanes.

Le transporteur national turc a déclaré dans un communiqué sur la Plateforme de divulgation publique qu’il « commencera à exploiter des vols réguliers vers Ürümqi en République populaire de Chine, sous réserve de disponibilité et des conditions du marché ».

Cette annonce a retenu l’attention car Ürümqi est la capitale du Xinjiang, une région de l’extrême-ouest où la Chine fait face depuis des années à un examen international pour ses détentions massives, sa surveillance omniprésente, les allégations de travail forcé et des politiques restreignant la vie religieuse et culturelle.

Les défenseurs des Ouïghours et les chercheurs soutiennent depuis longtemps que le tourisme et les activités commerciales étrangères aident Pékin à présenter le Xinjiang comme stable et prospère tout en détournant l’attention des allégations de violations des droits.

L’Uyghur Human Rights Project, un groupe basé à Washington, a exhorté les entreprises à éviter de contribuer à « blanchir » les abus et a déclaré que l’expansion commerciale internationale s’inscrit dans la stratégie chinoise pour normaliser la perception publique de ce qui se passe dans la région ouïghoure.

Dans un exemple antérieur de cette approche, des groupes de défense des droits avaient critiqué la promotion touristique chinoise lors d’un grand salon du voyage à Londres, avertissant que Pékin utilisait le marketing touristique pour véhiculer une narration soigneusement sélectionnée sur la région et encourager les visites malgré la répression persistante. Radio Free Asia rapportait que ces groupes qualifiaient ces voyages de « tourisme génocidaire », accusant la Chine de masquer ses violations des droits humains par le tourisme.

Le Xinjiang est la patrie des Ouïghours, un groupe ethnique turc majoritairement musulman ayant des liens linguistiques et culturels avec la Turquie. Au cours de la dernière décennie, de nombreux Ouïghours se sont installés en Turquie, qui abrite l’une des plus grandes diasporas ouïghoures au monde.

Parallèlement, les groupes de défense des droits affirment que les Ouïghours en Turquie subissent des pressions croissantes alors que les relations entre Ankara et Pékin se renforcent. Dans un rapport publié en novembre, Human Rights Watch indiquait que les autorités turques restreignaient de plus en plus le statut de résidence des Ouïghours via des « codes de restriction » et en avaient placé un certain nombre dans des centres de rétention, où certains ont déclaré à HRW avoir été contraints de signer des formulaires de « retour volontaire ».

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a visitée le Xinjiang lors d’un voyage en Chine en juin 2024. Fidan a visité la mosquée Yanghang et le Grand Bazar international d’Ürümqi avant de se rendre à Kashgar, une autre grande ville de la région.

Fidan a décrit Ürümqi et Kashgar comme des « villes turques et islamiques », tandis que le Congrès mondial ouïghour l’exhortait à soulever les questions des droits humains et à ne pas devenir « un outil de la propagande mensongère de la Chine ».

Human Rights Watch et l’ONU estiment que les politiques chinoises au Xinjiang pourraient constituer des crimes contre l’humanité. Certains gouvernements considèrent ces actions comme un génocide.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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