Turquie : 40 arrestations parmi 53 interpellations dans les dernières opérations visant des personnes présumées liées au mouvement Gülen
Les autorités turques ont interpellé 53 personnes et en ont arrêté 40 lors d’opérations dans 19 provinces, accusées de liens avec le mouvement Gülen d’inspiration religieuse, a déclaré mercredi le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya.
Au cours de la dernière décennie, l’intellectuel turco-islamique Fethullah Gülen et son mouvement, autrefois loués par le gouvernement turc pour leurs activités éducatives et de dialogue interreligieux et interculturel, ont fait face à diverses accusations des autorités, notamment d’avoir orchestré les enquêtes pour corruption en 2013 et une tentative de coup d’État en 2016.
Gülen, qui vivait aux États-Unis depuis 1999, est décédé dans un hôpital de Pennsylvanie le 20 octobre à l’âge de 83 ans.
Le gouvernement turc a qualifié Gülen et son mouvement d’ »Organisation terroriste » en mai 2016.
Gülen et ses sympathisants ont fermement nié toute implication dans le putsch ou dans des activités terroristes, mais font l’objet d’une répression brutale depuis dix ans.
Les opérations ont été menées dans 19 provinces, dont Ankara, Bursa, Diyarbakır, Istanbul et Izmir, au cours des deux dernières semaines, a annoncé Yerlikaya mercredi sur X.
“53 FETÖ Şüphelisi Yakalandı”
🔻FETÖ’nün güncel yapılanması içerisinde faaliyet gösteren,
🔻Ankesörlü telefonlarla örgüt içindeki şahıslarla haberleşmeyi sürdüren,
🔻Sözde yardım kuruluşlarına finans sağlayan ve
🔻Sosyal medyada FETÖ’nün propagandasını yapan 53 şüpheli… pic.twitter.com/02NyHOpLZT— Ali Yerlikaya (@AliYerlikaya) September 10, 2025
Le ministre a déclaré que les interpellés étaient soupçonnés d’avoir maintenu des contacts via des cabines téléphoniques, d’avoir apporté un soutien financier à des organisations liées au mouvement Gülen et d’avoir partagé sur les réseaux sociaux du contenu qualifié de « propagande » par les autorités.
Yerlikaya a ajouté que des appareils numériques avaient été saisis lors des perquisitions.
Sur les 53 personnes interpellées, 40 ont été placées en détention provisoire, tandis que les procédures se poursuivent pour les autres, selon le ministre.
Les soi-disant « enquêtes par cabine téléphonique » se fondent sur des relevés d’appels. Les procureurs affirment qu’un membre du mouvement Gülen aurait utilisé une seule cabine pour appeler tous ses contacts successivement. Sur cette base, lorsqu’un supposé membre du mouvement est identifié dans les relevés, on présume que les numéros appelés juste avant ou après appartiennent également à des personnes liées au mouvement Gülen. Les autorités ne disposent pas du contenu des appels. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels passés depuis cette cabine.
Le ministre Yerlikaya a affirmé que les autorités « poursuivent résolument leur combat » contre les sympathisants du mouvement Gülen.
Bien que Gülen et ses sympathisants aient catégoriquement nié toute implication dans le putsch ou des activités terroristes, la répression gouvernementale contre les membres du mouvement se poursuit aujourd’hui en Turquie et à l’étranger, avec des interpellations, des arrestations et des expulsions ou extraditions de sympathisants depuis des pays étrangers.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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