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Un allié d’Erdoğan qualifie l’EI de « marionnette sioniste » après un raid meurtrier à Yalova

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Par Bosphorama

Publié le

Devlet Bahçeli, leader d’extrême droite et proche allié du président turc Recep Tayyip Erdoğan, a qualifié l’État islamique en Irak et au Levant (EI) de « pantin des forces sionistes-impérialistes » après qu’un raid policier contre une cellule de l’EI dans le nord-ouest de la Turquie a dégénéré en fusillade, faisant trois morts parmi les forces de l’ordre et six parmi les militants.

Le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya a indiqué que la police avait pris d’assaut une maison sur la route du village d’Elmalık, dans la province de Yalova, au sud d’Istanbul en bordure de la mer de Marmara, avant d’être prise sous le feu. Huit policiers et un gardien de quartier employé par la police turque ont été blessés, a-t-il précisé.

Yerlikaya a ajouté que cinq femmes et six enfants présents dans la maison avaient été évacués sains et saufs, et que les six militants tués étaient tous de nationalité turque. Il a déclaré que des perquisitions avaient été menées dans plus de 100 lieux répartis sur 15 provinces dans le cadre d’une vaste opération nationale.

Selon des agences de presse et des responsables, l’opération à Yalova a duré près de huit heures, avec l’envoi de forces spéciales depuis la ville voisine de Bursa. Les autorités locales ont fermé cinq écoles dans la zone et coupé l’électricité et le gaz naturel tandis que la police bouclait les routes d’accès.

Le ministre de la Justice Yılmaz Tunç a annoncé que le parquet de Yalova avait ouvert une enquête confiée à cinq procureurs, précisant que cinq personnes avaient été placées en détention provisoire.

Bahçeli, chef du Parti d’action nationaliste (MHP), qui soutient Erdoğan au Parlement depuis des années, a décrit l’EI comme un « pion » et présenté l’affrontement comme une provocation orchestrée contre ce que le gouvernement appelle une « Turquie sans terrorisme », en référence aux efforts renouvelés pour parvenir à la paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit.

Dans son communiqué, Bahçeli a également employé un langage liant l’incident à des complots étrangers, affirmant qu’aucune attaque, assassinat ou sabotage ne détournerait la Turquie de sa voie et soutenant que l’EI avait été « lâché » sur la Turquie par un « front hostile » non nommé.

Erdoğan a présenté ses condoléances pour les policiers morts et déclaré que la Turquie continuerait à combattre les menaces extrémistes « à l’intérieur comme à l’extérieur » de ses frontières.

Özgür Özel, leader du Parti républicain du peuple (CHP, opposition), a exprimé ses condoléances pour les trois policiers tués et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Tuncer Bakırhan, coprésident du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM, pro-kurde), a également présenté ses condoléances et qualifié l’EI de « menace grave » pour la région et « l’humanité entière », appelant à une position nationale commune contre l’EI et les groupes similaires.

Le leader du Parti İYİ (Bon), Müsavat Dervişoğlu, a profité de l’incident pour critiquer l’initiative gouvernementale « Turquie sans terrorisme » dans des propos publiés sur les réseaux sociaux.

Ahmet Davutoğlu, chef du Parti de l’avenir, a relié l’affrontement de Yalova aux turbulences régionales, estimant que la résurgence de l’EI en Turquie dans un contexte de tensions accrues en Syrie et d’« interventions centrées sur Israël » dans la région « ne pouvait être une coïncidence », tout en appelant au démantèlement du groupe.

Le politicien ultranationaliste Ümit Özdağ, leader du Parti de la victoire, a déclaré que l’affrontement révélait le coût de la politique syrienne de la Turquie et a réitéré ses mises en garde contre les réseaux de l’EI et les risques sécuritaires à l’approche des rassemblements du Nouvel An.

L’opération à Yalova intervient quelques jours après l’arrestation par les autorités turques de 115 suspects liés à l’EI lors de raids coordonnés visant 137 individus, accusés de préparer des attaques contre des événements de Noël et du Nouvel An, selon des responsables et l’agence étatique Anadolu.

La Turquie partage une longue frontière avec la Syrie et a subi de multiples attaques de l’EI au cours de la dernière décennie, dont une fusillade dans une boîte de nuit d’Istanbul le 1er janvier 2017, en pleines célébrations du Nouvel An, qui avait fait 39 morts, selon des responsables et des rapports antérieurs.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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