Un club de football sanctionné pour une publicité en kurde sur son maillot
Un club de football basé dans la province majoritairement kurde de Diyarbakır a été sanctionné pour un slogan publicitaire en langue kurde sur ses maillots, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant des médias turcs.
La commission de discipline de la Fédération turque de football (TFF) a infligé une amende de 110 000 livres (2 650 dollars) à Amedspor après que l’équipe a porté ces maillots lors d’un match le 25 septembre, invoquant une violation des règlements sur les équipements sportifs.
La commission avait déjà prononcé une amende similaire après le match de l’équipe le 21 septembre, où les joueurs portaient les mêmes maillots.
Les responsables du club ont affirmé que la TFF avait officiellement approuvé l’utilisation du slogan kurde « Koma me bona we » (Notre groupe est pour vous) pour toute la saison 2025-2026, le 12 septembre. Malgré cette autorisation, un représentant de la fédération a verbalement demandé aux responsables de ne pas entrer sur le terrain avec ces maillots avant le match du 21 septembre.
Qualifiant ces amendes d’« injustes et illégales », le club a souligné que l’utilisation de mots kurdes dans un slogan commercial n’est pas interdite par la loi et qu’il contestera cette décision.
Ces sanctions interviennent dans un contexte de débat public en Turquie sur la résolution du conflit vieux de plusieurs décennies avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme « organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux. Plus tôt cette année, le groupe a annoncé la fin de ses activités armées suite à un appel de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan. Les autorités turques ont décrit cette initiative comme une étape potentielle vers une paix durable. Les groupes de la société civile kurde dénoncent toutefois la persistance des pressions de l’État sur les institutions linguistiques et culturelles, soulevant des doutes sur la sincérité et la portée des efforts de normalisation.
Les Kurdes en Turquie subissent souvent des pressions pour ne pas parler leur langue maternelle. Les autorités affirment fréquemment que les personnes s’exprimant en kurde scandent des slogans en soutien au PKK, qui mène une insurrection armée contre les forces de sécurité turques depuis les années 1980, un conflit ayant fait quelque 40 000 victimes.
Les interdictions concernant l’usage du kurde en Turquie remontent à plusieurs décennies. La langue, les vêtements, le folklore et les noms kurdes ont été interdits en 1937. Les mots « Kurdes », « Kurdistan » et « kurde » figuraient parmi ceux officiellement proscrits. Après le coup d’État militaire de 1980, parler kurde a été formellement interdit, y compris dans la sphère privée.
La visibilité du kurde à la télévision et dans la presse écrite n’a été possible qu’au début des années 2000, grâce aux progrès significatifs réalisés dans le cadre de la candidature du pays à l’Union européenne.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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