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Un éditeur turc visé par une enquête pour « financement du terrorisme » à cause de royalties versées à des auteurs emprisonnés

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Par Bosphorama

Publié le

Le parquet a ouvert une enquête pour « financement du terrorisme » contre une maison d’édition turque concernant des royalties versées à deux collaborateurs écrivant et éditant depuis leur cellule, a déclaré un porte-parole de l’entreprise mercredi.

Kor Kitap a indiqué que son représentant avait été placé en détention provisoire pendant quatre jours, puis assigné à résidence sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette enquête.

Un responsable de Kor Kitap a expliqué à l’Agence France-Presse que les royalties étaient versées à Tonguç Ok et Necip Baysal, tous deux auteurs, éditeurs et traducteurs emprisonnés depuis des années, les qualifiant de « prisonniers politiques ».

Dans un post sur X, Kor Kitap a précisé que cet argent servait « à acheter des produits à la cantine de la prison ».

Mais les procureurs ont classé ces paiements comme « activité terroriste » et ouvert une enquête pour crimes financiers contre le représentant de l’entreprise ayant effectué les versements, a précisé le responsable.

« Les royalties versées aux écrivains/traducteurs/éditeurs qui produisent en prison ne constituent pas un financement terroriste », a affirmé Kor Kitap sur X, exigeant que « cette décision illégale soit annulée au plus vite ».

« Nous ne permettrons pas qu’on emprisonne la pensée et la culture. »

Cette mesure a également été dénoncée par l’Association des éditeurs turcs dans un communiqué publié sur X, la qualifiant d’« extrêmement préoccupante pour le monde de l’édition et la liberté d’expression ».

« Il s’agit d’un droit légitime, dans le cadre des principes juridiques universels, des droits constitutionnels et de l’éthique éditoriale, que les auteurs, traducteurs et éditeurs Tonguç Ok et Necip Baysal perçoivent des royalties pour leurs œuvres, même en détention », a-t-elle déclaré.

L’association a souligné que les achats à la cantine pénitentiaire étaient « sous surveillance et contrôle » et ne pouvaient en aucun cas être assimilés à du « financement terroriste », exigeant la fin des pressions sur les activités éditoriales.

« L’assignation à résidence du représentant de la maison d’édition doit être immédiatement levée et toutes les formes de pression sur la liberté de pensée et d’expression doivent cesser », a-t-elle ajouté.

© Agence France-Presse

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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