Un ex-député et cinq maires parmi les 22 interpellés dans une enquête anticorruption visant l’opposition turque
Un tribunal turc a ordonné l’arrestation de 22 personnes, dont cinq maires d’arrondissement du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) et un ancien parlementaire, dans le cadre d’une enquête anticorruption élargie ciblant l’opposition, rapporte l’agence Anka.
Ces interpellations s’inscrivent dans la cinquième vague d’opérations liées à quatre enquêtes distinctes du parquet d’Istanbul, qui avaient déjà conduit en mars à l’arrestation du populaire maire de la métropole, Ekrem İmamoğlu, pour des accusations similaires.
Parmi les personnes placées en détention provisoire mercredi à l’aube figurent les maires Hasan Akgün (Büyükçekmece), Hakan Bahçetepe (Gaziosmanpaşa), Utku Caner Çaykara (Avcılar), Kadir Aydar (Ceyhan) et Oya Tekin (Seyhan), ainsi que le membre du conseil du CHP Baki Aydöner et l’ex-député Aykut Erdoğdu.
Initialement limitée à Istanbul, l’enquête s’est étendue à la province méridionale d’Adana, entraînant l’arrestation des maires CHP des districts de Ceyhan et Seyhan.
Les personnes interpellées mercredi avaient été placées en garde à vue samedi après des mandats d’arrêt visant 47 suspects – dont 36 ont été appréhendés. Quatorze autres ont été libérés sous contrôle judiciaire.
Des images diffusées mardi montrant les maires du CHP et des responsables municipaux menottés et alignés par la police devant le tribunal d’Istanbul ont provoqué l’indignation de l’opposition et des observateurs, dénonçant un traitement humiliant, illégal et contraire à la présomption d’innocence.
L’enquête visant les municipalités du CHP à Istanbul avait été ouverte en octobre 2024 avec l’arrestation du maire d’Esenyurt Ahmet Özer, avant de s’étendre à d’autres édiles et de culminer avec l’interpellation d’İmamoğlu.
İmamoğlu, maire réélu d’Istanbul et désigné candidat à la présidentielle par son parti le 23 mars – jour de son arrestation – est perçu comme le principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan pour 2028. Son interpellation a déclenché les plus grandes manifestations en Turquie depuis dix ans.
Les maires d’opposition subissent une pression accrue depuis la défaite historique du Parti de la justice et du développement (AKP) aux municipales de mars 2024, ayant perdu des dizaines de municipalités.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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