Photo prise le 14 novembre 2025 montrant les travaux en cours du nouveau stade du FC Barcelone, le Camp Nou. (Photo de Josep LAGO / AFP)
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Un géant turc du BTP emploierait des travailleurs sans papiers sur le chantier du Camp Nou à Barcelone, selon des syndicats

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Par Bosphorama

Publié le

Le groupe turc Limak Holding aurait recouru à des travailleurs étrangers sans papiers sur le chantier de rénovation du Camp Nou à Barcelone et en aurait licencié au moins 14, selon des rapports syndicaux espagnols et turcs.

L’Inspection du travail catalane enquête sur cette affaire.

L’enquête a débuté en septembre après que le syndicat espagnol Comisiones Obreras (CCOO), en collaboration avec le syndicat turc du BTP DİSK Dev Yapı İş, a déposé des plaintes alléguant des violations du droit du travail sur ce projet.

Le syndicat espagnol a signalé environ 50 travailleurs turcs sans papiers sur le chantier à l’Inspection du travail catalane, précisant que certains y travaillaient depuis plus d’un an.

Quatorze ouvriers ont été licenciés début novembre par le sous-traitant Extreme Works, lié à Limak, après avoir sollicité l’aide syndicale et participé à des protestations, selon la CCOO.

Le syndicat estime que la délégation du gouvernement central espagnol devrait accorder des titres de séjour et de travail aux employés pouvant justifier de plus de six mois d’activité.

Une enquête distincte du quotidien turc BirGün cite des témoignages d’ouvriers affirmant qu’un précédent contrôle avait révélé jusqu’à 450 travailleurs sans papiers originaires de Turquie, du Maroc, du Pakistan et de plusieurs pays d’Amérique du Sud.

Les autorités espagnoles n’ont pas confirmé ce chiffre, et les syndicats indiquent que seul le nombre inférieur a été vérifié.

Les travailleurs ont décrit des journées interminables, des heures supplémentaires non payées et des conditions de logement insalubres.

Emre Akkuş, électricien turc licencié après avoir participé à un arrêt de travail, a déclaré à BirGün que de nombreux ouvriers avaient commencé à travailler le jour même de leur arrivée à Barcelone, sans contrat ni formation sécurité.

Il affirme que le nombre d’heures mensuelles atteignait souvent 250 à 300, dépassant les limites légales espagnoles, et que les sous-traitants entassaient les travailleurs dans des logements collectifs surpeuplés.

Les ouvriers ont également expliqué que leurs visas touristiques expirés les empêchaient de rentrer chez eux en cas d’urgence familiale, les rendant dépendants des sous-traitants pour le logement et leur statut juridique.

Le projet Camp Nou repose sur une chaîne de sous-traitance complexe impliquant l’entreprise turque Extreme İşler et la société lituanienne Extreme Works.

Les responsables syndicaux dénoncent une structure opaques permettant aux responsabilités d’être diluées entre différentes sociétés.

L’Inspection du travail catalane a reçu au moins 10 plaintes depuis le début des travaux en 2023.

Le secrétaire au Travail Paco Ramos a annoncé mardi que l’inspection publierait son rapport final dans les semaines à venir.

Le FC Barcelone a attribué en 2023 le chantier de rénovation de l’Espai Barça (1,5 milliard d’euros) à Limak.

Limak est un conglomérat turc majeur du BTP, connu pour ses grands contrats publics en Turquie.

Le FC Barcelone affirme collaborer avec Limak pour garantir le respect du droit du travail et que les sous-traitants sont directement responsables des conditions des travailleurs, mais n’a pas répondu aux allégations spécifiques concernant le travail non déclaré et les horaires abusifs.

Les services de santé publique de Barcelone ont ouvert une enquête ce mois-ci après qu’un ouvrier a été testé positif à la tuberculose, selon El País. Les autorités sanitaires ont testé 23 collègues et surveillent d’éventuels nouveaux cas.

Les travailleurs licenciés manifestent près du stade, réclamant leur réintégration, le paiement des salaires impayés et une inscription complète au système de sécurité sociale espagnol.

La CCOO et DİSK Dev Yapı İş affirment qu’elles poursuivront leur coordination entre l’Espagne et la Turquie jusqu’à ce que les travailleurs obtiennent un statut légal.

Les conclusions des autorités, attendues prochainement, pourraient influencer le contrôle futur des sous-traitants sur ce qui est présenté comme le plus grand chantier de rénovation de stade en Europe.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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