Un maire de district de l’AKP placé en garde à vue dans une enquête pour extorsion en Turquie centrale
Un maire de district du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir a été interpellé avec plusieurs autres personnes dans la province centrale de Kırıkkale dans le cadre d’une enquête pour corruption, a rapporté l’agence de presse DHA.
Ahmet Sungur, maire du district de Yahşihan, a été arrêté à son domicile vendredi matin dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’abus de pouvoir à des fins personnelles.
L’enquête est menée par le procureur général de Kırıkkale en collaboration avec l’unité de lutte contre le crime organisé et la contrebande de la police provinciale.
Sungur fait partie des sept suspects détenus pour « extorsion », un crime prévu par l’article 250 du Code pénal turc (TCK), qui concerne les infractions commises par des fonctionnaires abusant de leur pouvoir pour obtenir des avantages illégaux. Parmi les personnes interpellées figurent également des hommes d’affaires.
Plus tôt cette année, Sungur avait publiquement affirmé que Yahşihan avait subi des pertes de plus d’un milliard de livres turques (24,1 millions de dollars) sous l’administration précédente, alléguant qu’une grande partie de la dette provenait de factures fictives et d’irrégularités.
L’ancien maire du district, Osman Türkyılmaz du Parti d’action nationaliste (MHP), un allié de l’AKP, avait été interpellé avec 11 personnes en mai dans le cadre d’une enquête similaire. Türkyılmaz et quatre autres ont été arrêtés tandis que les autres ont été libérés.
Suite à l’interpellation de Sungur, le comité exécutif central de l’AKP a voté pour le renvoyer devant la commission disciplinaire du parti avec une recommandation d’exclusion temporaire pendant la durée de l’enquête.
Sungur avait été élu maire de Yahşihan pour la première fois en 2009 sous l’étiquette du MHP avant de rejoindre l’AKP en 2011, bien avant que les deux partis ne deviennent alliés au sein de l’Alliance du peuple. Il avait été réélu en 2014, cette fois comme candidat de l’AKP. Battu aux élections locales de 2019 par Türkyılmaz du MHP, il a retrouvé son poste en 2024 avec 41 % des voix.
L’interpellation de Sungur, un fait rare pour un maire de l’AKP, intervient dans un contexte de répression accrue contre les municipalités d’opposition dirigées par le Parti républicain du peuple (CHP). Au cours de l’année écoulée, 12 maires du CHP, dont le populaire maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, ont été arrêtés pour des motifs allant de la corruption et du détournement de fonds au terrorisme.
Depuis les élections locales de l’année dernière, où le CHP est devenu le premier parti du pays, plus de 500 personnes liées au parti ou à la municipalité d’Istanbul ont également été interpellées ou arrêtées.
Le CHP et ses sympathisants affirment que ces enquêtes visent à marginaliser les politiciens d’opposition et à discréditer le parti aux yeux du public après ses gains électoraux. Ils soutiennent que ces affaires ont également pour but d’empêcher İmamoğlu, le principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan, de se présenter à la prochaine élection présidentielle.
İmamoğlu avait été désigné candidat présidentiel de son parti en mars, au moment même de son arrestation.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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