Un père en quête de justice pour la mort de sa fille libéré après 38 jours de prison
Şaban Vatan, le père de Rabia Naz Vatan, dont la mort suspecte en 2018 reste non élucidée, a été libéré de prison jeudi après 38 jours de détention, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant des médias turcs.
Vatan s’était livré aux autorités le 14 juillet, après que la Cour de cassation turque eut confirmé une peine d’un an et huit mois de prison pour avoir partagé les données personnelles de Nurettin Canikli, ancien ministre du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.
Vatan a annoncé sa libération sur X, jurant de poursuivre son combat pour faire la lumière sur la mort de sa fille, bien qu’aucune information officielle n’explique les raisons de sa libération anticipée.
Ses soutiens ont salué cette annonce sur les réseaux sociaux.
Le 12 avril 2018, Rabia Naz avait été retrouvée grièvement blessée, allongée devant l’appartement familial à Eynesil (province de Giresun), peu après son retour de l’école.
Malgré son transfert à l’hôpital, elle n’a pu être sauvée. Le médecin légiste a d’abord conclu à un suicide, affirmant qu’elle avait sauté d’une hauteur. Son père a rejeté cette thèse, soutenant qu’elle avait été percutée par une voiture. Il a accusé des inconnus d’avoir traîné sa fille mourante sur les lieux de l’accident jusqu’à leur domicile, en effaçant les preuves sur ses vêtements et en maquillant la scène en suicide.
Vatan a également déclaré que des témoins locaux lui avaient signalé un fourgon Fiat Doblo noir quittant les lieux au moment du drame. Sur la base de ces témoignages et de son enquête, il soupçonne que le véhicule – conduit par le neveu du maire d’Eynesil de l’époque, Coşkun Somuncuoğlu – était impliqué. Il accuse les autorités d’avoir étouffé l’affaire en raison des liens politiques du conducteur. Vatan affirme que Canikli – haut responsable de l’AKP – aurait ordonné ce camouflage en raison de sa proximité avec la famille Somuncuoğlu.
Canikli a porté plainte contre Vatan en 2019 pour « insulte » et « obtention et diffusion de données personnelles ». Ce dernier a écopé d’une amende pour outrage et d’une peine d’un an et huit mois de prison pour la seconde infraction.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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