Un sous-traitant de la défense saisi pour liens présumés avec le mouvement Gülen vendu à ROKETSAN pour près de 500 millions de dollars
Les points importants
- Vente record : ROKETSAN a acquis les actifs d’Assan pour 471 millions de dollars, un montant supérieur à l’estimation initiale.
- Saisie contestée : Le gouvernement turc a confisqué l’entreprise pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, une désignation non reconnue par les États-Unis ni l’UE.
- Critiques persistantes : Depuis 2016, des centaines d’entreprises ont été placées sous tutelle étatique sans procès équitable, selon les opposants.
Un sous-traitant turc de la défense saisi l’an dernier par le gouvernement pour des liens présumés avec le mouvement Gülen à caractère religieux et des accusations d’espionnage militaire a été vendu au fabricant public de missiles ROKETSAN pour 471 millions de dollars, selon les médias turcs.
ROKETSAN était le seul enchérisseur lors de la vente aux enchères organisée mercredi par le Fonds d’assurance des dépôts d’épargne de Turquie (TMSF) à son siège du district d’Esentepe à Istanbul. L’entreprise a acheté l’intégralité des actifs commerciaux et économiques du groupe Assan.
Le prix de vente était bien supérieur à la valeur de 416,5 millions de dollars fixée par le TMSF lorsqu’il avait mis en vente les actifs, droits et participations d’Assan le mois dernier.
Les médias turcs ont qualifié cette vente de 471 millions de dollars de record pour le fonds.
L’appel d’offres portait sur les actifs d’Assan Group Makine Savunma Sanayi, géré par des administrateurs nommés par le tribunal depuis août 2025.
Le lot comprenait des biens immobiliers utilisés dans les opérations de défense de l’entreprise, des terrains attribués, des machines et équipements, des installations, des actifs loués, des marques, des noms de domaine et des contrats existants.
La reprise d’Assan par le gouvernement faisait suite à une enquête du parquet général d’Istanbul pour présomption d’espionnage militaire et de liens avec le mouvement Gülen.
Le mouvement Gülen, inspiré par les idées du défunt religieux turc Fethullah Gülen, a été désigné comme une Organisation terroriste par le gouvernement turc en mai 2016, une désignation non reconnue par les États-Unis, l’Union européenne ni les grandes instances internationales.
Le gouvernement accuse le mouvement d’avoir orchestré un putsch manqué en juillet 2016. Gülen, décédé en 2024, et ses partisans ont fermement nié toute implication.
Dans le cadre de l’enquête, le propriétaire de l’entreprise Emin Öner, le directeur général Gürcan Okumuş et trois autres personnes ont été placés en détention. Quatre des suspects, dont Öner et Okumuş, ont ensuite été arrêtés en détention provisoire.
Les procureurs ont déposé un acte d’accusation en février, réclamant de lourdes peines de prison pour les cinq dirigeants pour des chefs d’accusation liés à des liens présumés avec le mouvement Gülen et à des documents concernant la sécurité de l’État.
Les médias turcs avaient rapporté que des plans d’approvisionnement des Forces armées turques avaient été divulgués à Assan.
Assan a nié toute faute, affirmant que les documents au centre de l’enquête étaient des calendriers internes de production et de livraison préparés à la demande de l’armée turque et conservés dans les archives de l’entreprise.
L’enquête s’est ensuite élargie au-delà de l’entreprise, avec l’incarcération d’İsmet Sayhan, ancien président de la Société publique de l’industrie mécanique et chimique (MKE), en lien avec des accusations d’obtention et d’utilisation illicites de documents liés à la sécurité de l’État.
MKE est un fabricant public qui produit des munitions, de l’artillerie et d’autres matériels pour les Forces armées turques.
Le groupe Assan a été fondé en 1985 et est devenu un important sous-traitant turc de la défense, produisant des munitions et des bombes pour des acheteurs nationaux et étrangers. L’entreprise avait accru sa visibilité ces dernières années en participant à de grands salons de la défense à Abou Dhabi et à Istanbul.
Cette vente attire l’attention car des centaines d’entreprises ont été transférées sous tutelle étatique depuis le putsch manqué de 2016 pour des liens présumés avec le mouvement Gülen.
Les critiques estiment que cette pratique permet au gouvernement de prendre le contrôle d’actifs privés avant la fin des procédures judiciaires.
Selon des chiffres publiés par l’agence de presse Anadolu en juillet 2025, au neuvième anniversaire du putsch, le gouvernement a saisi 784 entreprises d’une valeur totale de 42,3 milliards de livres turques au moment de leur reprise, soit environ 14 milliards de dollars en dollars de 2016, dans le cadre d’une vaste répression contre le mouvement Gülen qui a suivi le putsch avorté.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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