Un Syrien tué par erreur lors d’un raid policier dans le sud de la Turquie, selon des témoignages
Un Syrien identifié comme Anas Laila aurait été abattu par la police turque lors d’un raid à une mauvaise adresse dans la nuit du 21 novembre, rapporte le Stockholm Center for Freedom, citant des témoignages familiaux et des médias locaux.
Selon ses proches, les policiers ont investi leur domicile dans la province méridionale de Hatay vers 5h du matin. Laila, 30 ans, aurait demandé un instant à sa femme de se couvrir avant la fouille. Un officier aurait alors ouvert le feu sans sommation, le touchant à la tête devant ses enfants.
La famille affirme que les policiers ont rapidement réalisé leur erreur. Plutôt que de porter secours à Laila, ils l’auraient laissé agoniser pour se rendre à l’adresse cible. Aucune ambulance n’a été appelée : l’homme aurait été « laissé pour mort », selon ses proches.
Les autorités turques n’ont pas communiqué officiellement sur les circonstances de cette opération.
Le député indépendant d’Istanbul Mustafa Yeneroğlu a saisi le ministère de l’Intérieur via une question parlementaire en neuf points. Il dénonce un usage disproportionné de la force, une entrée illégale, un manque de transparence et une possible violation du droit à la vie.
Sous la pression médiatique, des responsables locaux ont rencontré la famille. Mehdi Davud, membre d’une ONG syrienne, indique que le gouverneur de Hatay et le sous-préfet de Dörtyol se sont rendus sur place. Le ministère a dépêché une équipe d’enquête et l’agent impliqué aurait été suspendu.
Originaire de Hazano dans la région syrienne d’Idlib, Laila vivait en Turquie depuis 2013. Marié et père de deux enfants, il n’avait aucun casier judiciaire selon sa famille.
La famille exige une enquête conjointe des autorités turques et syriennes. « Quel qu’en soit l’auteur, ce crime ne doit pas rester impuni », ont-ils déclaré. « Aucune loi au monde ne légitime un meurtre dans ces conditions. »
Ce drame s’inscrit dans une série de violences policières contre des réfugiés syriens en Turquie, parfois mortelles. En avril 2020, Ali al-Hamdan, 19 ans, avait été abattu à Adana pour avoir franchi un checkpoint de couvre-feu. L’agent condamné a vu sa peine confirmée en cassation en 2023.
En avril 2023, des gardes-frontières turcs avaient torturé à mort deux migrants syriens lors d’une expulsion forcée, dont Abdel Razzak al Qastal, 18 ans, décédé près du poste frontalier de Bab al-Hawa.
Les ONG réclament depuis longtemps un meilleur contrôle des forces de l’ordre et une protection accrue des réfugiés. La mort de Laila relance le débat sur l’impunité lors des raids nocturnes contre des civils.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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