Un tribunal rejette la demande d’annulation du congrès du CHP à Istanbul, aggravant la crise autour du bastion de l’opposition
Un tribunal d’Ankara a rejeté jeudi les recours visant à annuler le congrès provincial 2023 du Parti républicain du peuple (CHP) à Istanbul et son congrès national de 2023, invoquant le défaut de qualité des requérants et l’existence d’une procédure similaire déjà engagée.
Cette décision n’annule pas automatiquement une ordonnance antérieure d’un autre tribunal à Istanbul ayant déclenché une confrontation au siège provincial du parti.
Le 2 septembre, le 45e tribunal de première instance d’Istanbul a émis une injonction provisoire suspendant les résultats du congrès provincial 2023, démettant le président provincial Özgür Çelik et son bureau, et nommant un comité intérimaire dirigé par le vétéran du CHP Gürsel Tekin.
Cette ordonnance d’Istanbul a servi de base légale à l’intervention policière du 8 septembre, où les forces de l’ordre ont encerclé le bâtiment et escorté Tekin à l’intérieur malgré les protestations et altercations.
La décision d’aujourd’hui émane du 3e tribunal de première instance d’Ankara, qui a rejeté le recours en annulation du congrès d’Istanbul au fond et refusé d’examiner celui concernant le congrès national pour des raisons de procédure.
Les avocats du CHP estiment que cette décision d’Ankara devrait invalider l’injonction d’Istanbul et mettre fin immédiatement à l’administration intérimaire.
Les conseils de Tekin rétorquent que l’injonction d’Istanbul reste valable tant qu’une cour d’appel ne l’a pas explicitement annulée, maintenant ainsi leur mandat.
Deux décisions coexistent désormais, ayant été rendues par des tribunaux différents dans des affaires distinctes. Seule une cour d’appel supérieure ou la Cour de cassation pourra trancher.
En résumé : le tribunal d’Istanbul a suspendu l’élection locale du CHP et installé un bureau temporaire, tandis que celui d’Ankara a rejeté une tentative distincte d’annuler cette élection ainsi que le congrès national.
En l’absence de clarification par la voie hiérarchique, les deux camps revendiquent la légitimité juridique et le dispositif policier persiste.
Résultat concret : une guerre d’influence au siège, où le CHP affirme la fin de la tutelle tandis que Tekin maintient sa revendication.
La confrontation devant les locaux a dégénéré le 8 septembre, la police utilisant des gaz lacrymogènes et interpellant des manifestants lors de l’entrée de Tekin.
Les autorités ont simultanément restreint l’accès aux principales plateformes (X, YouTube, Instagram, Facebook, TikTok et WhatsApp), mesures débutées vers 20h45 GMT le 7 septembre selon des observateurs, durant 21 heures.
Le gouverneur a également interdit les rassemblements publics dans plusieurs districts centraux jusqu’au 10 septembre, renforçant le périmètre de sécurité autour du siège du CHP.
Istanbul revêt une importance cruciale comme principal bastion de l’opposition et province comptant le plus de délégués, influençant la direction nationale.
Ce contexte s’inscrit dans une répression d’un an contre le CHP, incluant l’arrestation en mars du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu pour corruption et des enquêtes qualifiées de politiques par l’opposition.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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