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Une journaliste turque brièvement détenue pour des posts sur les réseaux sociaux accusés d’insulter Erdoğan

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Par Bosphorama

Publié le

La journaliste turque Sedef Kabaş a été brièvement détenue pour des accusations d’ »insulte au président » et d’ »incitation au crime », a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant l’Association des études médiatiques et juridiques (MLSA).

Kabaş a été placée en garde à vue lundi dans le cadre d’une enquête lancée par le bureau du procureur général d’Anadolu à Istanbul, qui a cité plusieurs de ses publications sur les réseaux sociaux comme motifs de l’enquête. Un tribunal l’a libérée un jour plus tard sous contrôle judiciaire, avec une interdiction de voyager à l’étranger et l’obligation de se présenter régulièrement au commissariat pendant les quatre prochains mois.

Dans sa déposition, Kabaş a affirmé que les publications en question étaient protégées par la liberté d’expression et qu’elle ne visait pas le président Recep Tayyip Erdoğan. Dans l’un de ses posts, elle demandait : « Y a-t-il encore quelqu’un qui pense que les coups d’État ne sont menés que par des militaires ? » Faisant allusion aux accusations portées contre le président Erdoğan concernant un faux diplôme universitaire, un autre post disait : « Ceux qui ont obtenu leur diplôme par fraude gouvernent le pays sans légitimité. »

Concernant un autre post avertissant que les élections deviendraient symboliques et prônant la désobéissance civile, Kabaş a déclaré que la désobéissance civile est un droit constitutionnel et ne peut être traitée comme un délit.

Kabaş est également jugée dans une affaire distincte en cours depuis 2023 pour « insulte au président » basée sur 25 publications sur les réseaux sociaux. La neuvième audience de ce procès est prévue le 5 février.

Elle avait auparavant été condamnée à plus de trois ans de prison le 11 mars 2022 pour insulte au président dans des propos tenus lors d’une émission diffusée sur la chaîne d’opposition TELE1. Elle avait ensuite été libérée dans l’attente de son appel.

Dans une affaire antérieure en 2019, Kabaş avait été poursuivie pour des charges similaires et avait écopé d’une peine de prison avec sursis de près d’un an.

Les journalistes critiques envers le gouvernement ou les partis politiques alliés font face à un contrôle accru en vertu des lois criminalisant « l’insulte aux fonctionnaires », la « désinformation » et la « propagande terroriste ». Des dizaines de reporters sont toujours en prison, et bien d’autres font l’objet d’enquêtes en cours.

Selon Expression Interrupted, un groupe de surveillance de la liberté de la presse, 28 journalistes sont actuellement derrière les barreaux en Turquie. La détérioration du paysage médiatique du pays a été soulignée dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 de Reporters Without Borders (RSF), où la Turquie a été classée 159e sur 180 nations.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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