Une présence militaire française prévue à Chypre serait « extrêmement dangereuse », selon le Premier ministre chypriote turc
Le Premier ministre de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) a déclaré lundi qu’un accord prévoyant une présence militaire française à Chypre constituerait une mesure « extrêmement dangereuse » et provocatrice, après que le président chypriote Nikos Christodoulides a annoncé que l’accord devrait être signé en juin.
Chypre est divisée depuis des décennies. La République de Chypre à majorité grecque, qui contrôle la partie sud de l’île, est reconnue internationalement et membre de l’Union européenne. La RTCN contrôle le nord et n’est reconnue que par la Turquie.
Christodoulides a déclaré dimanche qu’un accord avec la France permettrait aux forces françaises d’être présentes sur le territoire chypriote à des fins humanitaires et serait conclu au niveau ministériel. Il a lié ce projet au renforcement des liens de défense avec la France suite à la récente visite du président Emmanuel Macron et à un accord de partenariat stratégique signé en décembre.
Le Premier ministre de la RTCN Ünal Üstel a affirmé que toute mesure militaire sur l’île nécessiterait le consentement des Chypriotes turcs et a averti que les initiatives prises sans une telle approbation compromettraient la paix et la stabilité.
Cette question survient dans un contexte de tensions sécuritaires accrues en Méditerranée orientale, après que le conflit iranien a rapproché l’activité militaire de Chypre. La France a déjà déployé des moyens navals et de défense aérienne dans la région pour soutenir Chypre après qu’une frappe de drone a touché une base aérienne britannique sur l’île le mois dernier.
La Turquie est intervenue militairement à Chypre en 1974 après qu’un coup d’État sur l’île soutenu par Athènes ait cherché à réaliser l’union avec la Grèce. Les forces turques ont pris le contrôle de la partie nord de Chypre, et l’île reste depuis divisée, avec une zone tampon des Nations unies séparant les deux parties.




