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Une usine de cosmétiques en Turquie, où 7 personnes ont péri, fonctionnait sans permis selon les inspecteurs

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Par Bosphorama

Publié le

Une usine de cosmétiques dans le nord-ouest de la Turquie, où sept travailleurs ont péri dans un incendie le mois dernier, fonctionnait sans certificat de sécurité incendie ni permis d’occupation valide, selon un rapport d’inspection cité par l’agence de presse DHA.

Le feu s’est déclaré le matin du 8 novembre dans cette usine, également utilisée comme entrepôt, dans le district de Dilovası (province de Kocaeli), et a rapidement englouti le bâtiment.

Les victimes, dont six femmes (deux mineures et deux âgées), sont restées piégées à l’intérieur, en partie parce que l’établissement ne disposait que d’une seule sortie et d’aucune issue de secours, ont déclaré les inspecteurs.

Située à environ 70 kilomètres d’Istanbul, Dilovası est une ville industrielle abritant de nombreux entrepôts et usines.

Selon le rapport rédigé par les inspecteurs de l’Institution de sécurité sociale (SGK), l’usine fonctionnait sans l’approbation légale des autorités locales de Kocaeli en matière de sécurité incendie et sans certificat d’occupation.

Les inspecteurs ont constaté l’absence de protections de base : mise à la terre fonctionnelle, ventilation adéquate, systèmes anti-explosion, escalier de secours et système de détection d’incendie.

Concernant l’origine du feu, le rapport indique qu’il a débuté lors du processus de production, lors du transfert d’alcool éthylique dans un réservoir utilisé pour préparer des parfums. Les inspecteurs concluent qu’une décharge d’électricité statique ou un contact électrique a enflammé le mélange alcool/parfum, provoquant une explosion et la propagation rapide des flammes.

Dans leurs témoignages, certains ouvriers ont déclaré avoir pu fuir dès les premiers instants, tandis que d’autres sont restés piégés lorsque les flammes ont bloqué la seule issue.

L’enquête a également révélé qu’aucun des sept travailleurs décédés n’était enregistré valablement à la sécurité sociale le jour de l’incendie.

Selon les inspecteurs, l’exploitant de l’usine porte la responsabilité principale des décès.

Le propriétaire du bâtiment, qui a loué les lieux malgré l’absence de permis, a été jugé secondairement mais solidairement responsable.

Le rapport reproche également aux institutions publiques leur manquement en matière de contrôle et d’octroi de licences, leur attribuant une « responsabilité administrative secondaire ».

Arrestations et un décès en détention

Onze personnes ont été interpellées après la tragédie. Sept ont été incarcérées, dont le propriétaire Kurtuluş Oransal et quatre membres de sa famille occupant des postes de direction, pour « meurtre avec intention probable ». Deux autres ont été arrêtés pour complicité. Quatre détenus supplémentaires ont été libérés sous contrôle judiciaire.

Le 30 novembre, Oransal a subi une crise cardiaque en détention provisoire et est décédé après son transfert à l’hôpital de Kocaeli.

Douze fonctionnaires dont le directeur provincial du SGK à Kocaeli, deux directeurs adjoints, des responsables du centre de sécurité sociale de Gebze et de la municipalité de Dilovası ont été suspendus.

Ce drame survient dans ce que les syndicats décrivent comme l’un des mois les plus meurtriers pour les travailleurs ces dernières années.

L’Observatoire turc de la santé et sécurité au travail (İSİG) a rapporté jeudi que novembre a enregistré le bilan mensuel le plus lourd hors période pandémique, avec en moyenne au moins sept morts par jour.

Le groupe a indiqué que 19 enfants – dont quatre de moins de 14 ans – et 11 travailleurs de plus de 65 ans figuraient parmi les victimes d’accidents du travail à travers le pays.

Les accidents du travail restent un problème chronique en Turquie, où la laxité dans l’application des normes de sécurité continue de coûter des vies.

La Turquie a progressé dans l’alignement de sa législation sur les normes européennes après son statut de pays candidat en 1999 et a ratifié les conventions pertinentes de l’OIT en 2005. Cependant, la mise en œuvre effective reste insuffisante.

Selon les données de l’İSİG, près de 35 000 travailleurs ont péri dans des accidents du travail depuis l’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) en novembre 2002.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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