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Des organisations de défense des droits protestent à Washington contre la répression anti-LGBTQ en Turquie

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Par Bosphorama

Publié le

Les points importants

  • Mobilisation transatlantique : des défenseurs des droits humains ont manifesté devant l’ambassade de Turquie à Washington, tandis que des rassemblements similaires ont eu lieu à Madrid et dans d’autres villes.
  • Opération “My Family Is Safe” : 162 personnes, neuf associations et treize entreprises ont été visées dans quinze provinces ; 116 personnes ont été interpellées et 82 placées en détention provisoire.
  • Condamnations internationales : l’ONU, des élus américains et des organisations de presse ont dénoncé une répression qui s’étend aux libertés en ligne et à la société civile.

Orhan Sait Berber, Washington, D.C.

Des défenseurs des droits humains se sont rassemblés vendredi devant l’ambassade de Turquie à Washington pour protester contre la répression nationale menée par la Turquie contre les groupes et militants LGBTQ.

La manifestation a été organisée par le Council for Global Equality, Amnesty International USA, Outright International et Health GAP.

“This crackdown is not making families safer,” a déclaré devant l’ambassade Nadia Daar, directrice exécutive d’Amnesty International USA. Keifer Buckingham, directeur général du Council for Global Equality, a déclaré à l’assistance : “Homosexuality is not a crime in Turkey.”

Asia Russell, directrice exécutive de Health GAP, et Neela Ghoshal, directrice principale du droit, des politiques et de la recherche chez Outright International, ont également pris la parole devant l’assistance.

Des manifestations similaires ont eu lieu vendredi à Madrid et dans d’autres villes.

Le Congressional Equality Caucus et le congressman républicain de Floride Carlos Giménez ont également condamné la répression.

La manifestation de Washington faisait suite à l’appel lancé jeudi par le Bureau des droits de l’homme des Nations unies demandant à la Turquie de libérer immédiatement les personnes qu’il juge arbitrairement détenues.

Le Bureau s’est dit préoccupé par les informations faisant état de détentions massives et de mauvais traitements en détention, et a mis en garde contre les conséquences pour l’espace civique. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé la Turquie à protéger les droits de chacun sans discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

Des défenseurs des droits humains et des droits LGBTQ de France, de Suède, de Finlande, d’Allemagne, des Pays-Bas et d’Islande ont également exhorté jeudi la Turquie à respecter la liberté de réunion pacifique, d’association et d’expression.

Les descentes ont commencé le week-end des 12 et 13 septembre. Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a déclaré que l’opération “My Family Is Safe” avait donné lieu à des poursuites judiciaires contre 162 personnes, neuf associations et treize entreprises dans quinze provinces.

Les derniers chiffres montrent que 116 personnes ont été interpellées lors de ces descentes et que 82 ont été écrouées en détention provisoire. Parmi les personnes écrouées figurent vingt membres d’associations LGBTQ, deux personnes issues d’organisations de lutte contre le VIH, deux militants et un journaliste. D’autres font face à des accusations liées à la prostitution, aux infractions liées aux stupéfiants et à d’autres crimes. Toutes les personnes écrouées ne sont pas accusées de militantisme LGBTQ.

La police a également interpellé 106 personnes qui s’étaient rassemblées le 15 septembre devant le palais de justice de Çağlayan, à Istanbul, pour protester contre ces descentes. Selon Euronews, toutes les personnes de ce groupe, dont deux journalistes, ont été libérées après des examens médicaux mercredi.

Des procédures ont également été engagées pour dissoudre deux associations LGBTQ dans la province méridionale de Mersin, bien qu’aucun tribunal n’ait encore prononcé de dissolution définitive. La répression s’est accompagnée de restrictions visant les sites web et les comptes de réseaux sociaux de groupes de défense des droits, de journalistes et de médias, notamment le compte d’Amnesty International Turquie sur X.

Les organisations de défense de la liberté de la presse ont critiqué l’incarcération de la journaliste Tuğba Tekerek pour un article de 2024 qu’elle a écrit pour le groupe de défense des droits LGBTQ Kaos GL au sujet des personnes LGBTQ pendant les élections en Géorgie. Le Comité pour la protection des journalistes a demandé sa libération inconditionnelle.

Les relations entre personnes de même sexe sont légales en Turquie, mais les personnes et les organisations LGBTQ subissent des pressions croissantes à travers l’interdiction des événements Pride, des enquêtes et des restrictions en ligne. Le gouvernement a lié ces opérations à sa “Decade of Family and Population,” un programme s’étendant de 2026 à 2035, lancé en réponse à la baisse de la natalité et au vieillissement de la population.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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