Le Conseil de l’Europe exhorte la Turquie à libérer les politiciens kurdes emprisonnés
Les points importants
- Décision contraignante : Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe ordonne la libération immédiate de Demirtaş et Yüksekdağ, conformément aux arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme.
- Appel à la loi turque : Il invite Ankara à appliquer la loi sur la solidarité nationale pour faciliter leur libération, dans le cadre du processus de paix avec le PKK.
- Surveillance continue : Le comité suivra l'affaire en décembre et examinera les mesures plus larges de la Turquie d'ici mars 2027.
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a appelé la Turquie à libérer immédiatement les politiciens kurdes emprisonnés Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ Şenoğlu, réitérant une demande fondée sur des arrêts contraignants de la Cour européenne.
Le comité a adopté cette décision lors d’une réunion sur les droits de l’homme à Strasbourg les 15 et 16 septembre.
Il a exhorté le gouvernement et les tribunaux turcs à utiliser tous les moyens disponibles pour libérer les deux anciens dirigeants de l’opposition.
Le comité a précisé que ces moyens pourraient inclure la loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale, adoptée par le parlement turc le 10 août dans le cadre d’un processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit.
Il a demandé à Ankara d’expliquer si tous les requérants couverts par le groupe d’affaires Demirtaş pouvaient bénéficier de cette loi et quand elle serait appliquée.
Demirtaş et Yüksekdağ ont auparavant dirigé le Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde, et sont emprisonnés depuis novembre 2016.
Un tribunal d’Ankara a condamné Demirtaş à 42 ans et Yüksekdağ à 30 ans de prison en mai 2024 pour des manifestations en Turquie lors du siège par l’État islamique de la ville kurde syrienne de Kobani en 2014.
Leurs appels et demandes de libération sont toujours en attente devant une cour d’appel régionale.
Demirtaş et Yüksekdağ ont également déposé des plaintes devant la Cour constitutionnelle turque, en attente depuis 2019 et 2023 respectivement.
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a statué dans des affaires distinctes que leur détention manquait de motifs raisonnables et poursuivait l’objectif politique d’étouffer le pluralisme et de limiter le débat.
La cour a ordonné à la Turquie de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur libération immédiate.
Les arrêts de la CEDH sont contraignants en vertu de l’article 46 de la Convention européenne des droits de l’homme, et le Comité des Ministres supervise leur exécution.
Le comité a également exhorté la Turquie à protéger la liberté d’expression des politiciens de l’opposition et à fournir des données sur les demandes de levée d’immunité des parlementaires.
Il réexaminera la question de la libération en décembre et les mesures plus larges de la Turquie en mars 2027.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




