Égypte, Bahreïn et Émirats arabes unis soutiennent la Grèce contre l’accord maritime Turquie-Libye, selon un rapport
Les points importants
- Condamnation multilatérale : L’Égypte, Bahreïn et les Émirats arabes unis rejoignent la Grèce pour dénoncer l’accord Turquie-Libye, jugé « nul et non avenu ».
- Menace sécuritaire et juridique : Cet accord risque de saper les règles internationales de règlement des différends maritimes et de fragiliser la sécurité régionale.
- Enjeux énergétiques : La Grèce accorde une licence d’exploration gazière au large de la Crète à un consortium dirigé par Chevron, tandis qu’Ankara défend ses droits maritimes, accentuant les tensions.
L’Égypte, Bahreïn et les Émirats arabes unis se sont joints lundi à la Grèce pour condamner l’accord maritime de la Turquie avec la Libye, avertissant qu’il menace la sécurité régionale et viole le droit international, rapporte Reuters.
Le ministre grec des Affaires étrangères, George Gerapetritis, a présenté la déclaration conjointe au siège des Nations unies à New York au nom des quatre pays, ainsi que de Chypre et de l’Union européenne.
La déclaration qualifie l’accord de 2019 de « nul et non avenu » et prévient que l’acceptation d’accords bilatéraux ignorant les droits d’autres pays pourrait compromettre les règles internationales de règlement des différends maritimes.
La Chambre des représentants libyenne, basée dans l’est du pays, a approuvé le pacte le 20 octobre, revenant ainsi sur des années d’opposition à un accord signé par la Turquie et le gouvernement libyen alors internationalement reconnu, basé dans la capitale occidentale Tripoli.
L’accord définit une frontière maritime que la Turquie et la Libye utilisent pour étayer leurs revendications sur les droits d’exploration pétrolière et gazière en mer en Méditerranée orientale.
La Grèce estime que cette frontière méprise les droits de ses îles sur les eaux environnantes et les ressources du sous-marin, notamment celles de la Crète, située entre les côtes turque et libyenne.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a rejeté les objections de l’Union européenne et d’autres parties, les jugeant dépourvues de tout fondement légitime, dans un discours prononcé après une réunion du Cabinet lundi.
Il a affirmé que la Turquie protégeait ses droits et intérêts maritimes et a appelé les pays cherchant à l’exclure de la Méditerranée orientale à respecter l’accord avec la Libye.
Ce différend affecte également les projets d’exploration énergétique, la Grèce ayant accordé à un consortium dirigé par Chevron une licence de recherche de gaz au large de la Crète.
Athènes cherche par ailleurs à conclure un accord de frontière maritime distinct avec la Libye, et Gerapetritis a réaffirmé lundi que la Grèce était prête à poursuivre ces discussions.
Les administrations rivales de l’Est et de l’Ouest libyennes sont issues de la guerre civile qui a suivi le soulèvement de 2011 ayant renversé Mouammar Kadhafi.
Le soutien militaire de la Turquie a aidé le gouvernement de Tripoli à repousser une offensive des forces du commandant oriental Khalifa Haftar en 2019-2020, alors que l’Égypte et les Émirats arabes unis appuyaient Haftar.
Ankara a depuis établi des relations avec le camp de Haftar via des visites de hauts responsables et des liens commerciaux, tout en continuant à soutenir le gouvernement de Tripoli.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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