La Turquie suspend son adhésion à la banque de défense dirigée par le Canada, malgré une déclaration conjointe
Les points importants
- Revirement turc : La Turquie refuse de rejoindre la banque de défense DSRB, contredisant la déclaration conjointe du Canada.
- Absence d'explication : Ankara n'a fourni aucune raison officielle pour ce changement de position après le sommet de l'OTAN.
- Projet maintenu : Huit pays, dont le Canada et l'Ukraine, restent engagés dans cette banque visant à lever 134 milliards de dollars.
La Turquie a décidé de ne pas s’engager pour l’instant dans une banque de financement de la défense basée au Canada, trois jours après que le gouvernement canadien a cité le président Recep Tayyip Erdoğan parmi les dirigeants ayant déclaré une intention commune de créer cette institution.
Cette décision fait suite à des négociations à Montréal et à des consultations impliquant des représentants du ministère turc de la Défense, du ministère des Affaires étrangères, du Trésor et du ministère des Finances, ainsi que de la Présidence de l’Industrie de Défense, selon l’agence de presse DHA, citant des informations du ministère de la Défense.
La Turquie n’a pas divulgué les raisons de cette décision. Ankara n’a pas publié de déclaration écrite expliquant pourquoi le Canada avait inclus la Turquie dans la déclaration ni si la position turque avait changé après le sommet de l’OTAN.
La déclaration du Canada reste inchangée
La déclaration du 7 juillet publiée par le cabinet du Premier ministre canadien nomme les dirigeants du Canada, de l’Albanie, de la Belgique, de la Grèce, de la Lettonie, du Luxembourg, de la Roumanie, de la Turquie et de l’Ukraine comme annonçant leur « intention commune » de créer la Banque de la Défense, de la Sécurité et de la Résilience (DSRB).
Le document indique également que les neuf gouvernements se sont engagés à faire avancer la création de la banque afin qu’elle puisse commencer à fonctionner dès 2027.
Un communiqué distinct du gouvernement canadien a indiqué que le Premier ministre Mark Carney avait salué le soutien des huit autres pays, dont la Turquie. Un compte rendu de la réunion de Carney avec Erdoğan a également indiqué que le dirigeant canadien avait salué le soutien de la Turquie à la banque.
Aucun des documents canadiens n’avait été modifié vendredi suite aux rapports en provenance d’Ankara.
La décision de la Turquie laisse le Canada, l’Albanie, la Belgique, la Grèce, la Lettonie, le Luxembourg, la Roumanie et l’Ukraine comme les pays prêts à s’engager à ce stade. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN et l’institution proposée n’est pas une banque officielle de l’OTAN.
Financement de la production d’armements
La DSRB est conçue pour fonctionner comme une banque multilatérale de développement pour le secteur de la défense. Elle utiliserait la solidité financière des gouvernements membres pour offrir des financements et des garanties à long terme pour la production de défense, les chaînes d’approvisionnement, la cybersécurité et les infrastructures critiques.
La banque vise à lever jusqu’à 134 milliards de dollars et à obtenir une note de crédit triple A afin de réduire les coûts d’emprunt.
Cette initiative a été annoncée alors que l’OTAN appelait les institutions financières à accroître les prêts et les investissements dans la défense, la sécurité et la résilience. Les institutions soutenant cet appel avaient déjà mobilisé 217 milliards de dollars pour ces secteurs, selon l’OTAN.




