Le chef de l’ONU prévoit une nouvelle réunion sur Chypre après des entretiens avec les dirigeants rivaux
Les points importants
- Réunion 5+1 : Guterres prévoit une nouvelle rencontre informelle avec les dirigeants chypriotes et les puissances garantes.
- Conditions préalables : Des mesures de confiance doivent être mises en œuvre avant la réunion.
- Volonté politique : Les deux parties acceptent de relancer les négociations sur la base des travaux antérieurs.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré mercredi qu’il prévoyait de convoquer une nouvelle réunion réunissant les dirigeants chypriotes grecs et turcs ainsi que les trois puissances garantes de Chypre, dans le cadre des efforts visant à relancer le processus de paix longtemps au point mort sur l’île divisée.
Guterres n’a pas annoncé de date, précisant que la réunion informelle 5+1 nécessiterait une « préparation adéquate », notamment des progrès dans les mesures de confiance entre les deux communautés.
« J’ai le consensus des deux parties et des garants pour passer à une réunion 5+1, mais avec une préparation adéquate », a déclaré Guterres à l’issue de réunions séparées et conjointes avec le dirigeant chypriote grec Nikos Christodoulides et le dirigeant chypriote turc Tufan Erhürman.
Ce format réunit les dirigeants des deux communautés de l’île et les représentants de la Turquie, de la Grèce et du Royaume-Uni, les trois puissances garantes en vertu des traités établissant la République de Chypre en 1960.
Guterres a déclaré vouloir des progrès tangibles avant de convoquer la réunion, car il ne souhaitait pas organiser d’autres rencontres 5+1 « sans résultats ». Il a précisé qu’aucune échéance n’avait été fixée, mais que les parties travailleraient aussi rapidement que possible.
Cette annonce a eu lieu lors de la première visite d’un secrétaire général de l’ONU à Chypre depuis 2010. Guterres doit quitter ses fonctions à la fin de l’année 2026.
Christodoulides s’est félicité de cette évolution, se disant optimiste car le fond du différend chypriote avait été abordé pour la première fois depuis l’effondrement des négociations en 2017.
Il a indiqué que toute reprise des négociations s’appuierait sur les travaux accomplis lors des cycles précédents plutôt que de repartir de zéro, et que l’Union européenne était prête à s’impliquer davantage.
Christodoulides a contesté l’idée selon laquelle un nouveau cycle de pourparlers dépendrait de la mise en œuvre préalable de mesures de confiance.
Les deux parties sont convenues en mars 2025 de poursuivre des mesures telles que l’ouverture de nouveaux points de passage à travers la zone tampon contrôlée par l’ONU et la création d’une installation solaire commune. Les progrès dans la mise en œuvre de ces mesures sont depuis limités.
Erhürman, élu dirigeant chypriote turc en octobre 2025, a déclaré à Guterres qu’il soutenait les efforts du chef de l’ONU, selon les médias locaux.
Erhürman a remporté les élections après avoir fait campagne pour la reprise des négociations sur un règlement fédéral bizonale et bicommunautaire. Il a battu le président sortant Ersin Tatar, qui soutenait une solution à deux États privilégiée par Ankara.
Chypre est divisée depuis 1974, lorsque la Turquie a envahi le nord de l’île à la suite d’un coup d’État orchestré par la junte militaire alors au pouvoir en Grèce et visant à unir Chypre à la Grèce.
La République de Chypre, internationalement reconnue et membre de l’UE, contrôle le sud majoritairement chypriote grec. La République turque de Chypre du Nord, autoproclamée en 1983, n’est reconnue que par la Turquie.
Les négociations de réunification parrainées par l’ONU ont récemment échoué à Crans-Montana, en Suisse, en 2017, en raison de désaccords sur les arrangements de sécurité, l’égalité politique, le territoire et la présence de troupes turques.
© Agence France-Presse




