Le chef des droits de l’homme de l’ONU condamne le durcissement des peines pour enfants en Turquie
Les points importants
- Amendements controversés : Le chef des droits de l'homme de l'ONU s'inquiète des modifications législatives turques qui alourdissent les peines pour les enfants et imposent un placement en centre fermé.
- Peines sévères : Les enfants de 12 à 18 ans risquent jusqu'à 27 ans de prison pour certains crimes, en contradiction avec les normes internationales.
- Appel à la révision : L'ONU exhorte la Turquie à respecter la Convention des droits de l'enfant, qui prévoit l'emprisonnement des mineurs en dernier recours.
Le chef des droits de l’homme des Nations unies a condamné jeudi les amendements législatifs adoptés par le Parlement turc, qui alourdissent les peines de prison pour les enfants et les obligent à commencer leur peine dans des établissements fermés pour mineurs.
Ces modifications de la loi sur la protection de l’enfance remplacent la pratique qui consistait à placer directement les enfants dans des institutions de réinsertion à vocation éducative. Les transferts depuis les établissements fermés dépendront désormais d’une évaluation, selon le bureau des droits de l’homme de l’ONU.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « alarmé » par ces changements.
Je suis préoccupé par les récentes modifications législatives en Turquie, qui pourraient conduire à condamner des enfants à la réclusion à perpétuité.
Il est essentiel que ces dispositions soient modifiées afin d’être pleinement conformes aux obligations de la Turquie en vertu du droit international des droits de l’homme.https://t.co/yB19ME53HS
— Volker Türk (@volker_turk) 13 août 2026
« Bien que certaines propositions puissent être positives, comme celles visant à assurer une meilleure coordination entre les services de protection de l’enfance et d’éducation et à empêcher les enfants d’accéder aux armes à feu, d’autres soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de droits humains », a déclaré Türk.
« Il est essentiel que la loi soit modifiée pour garantir que toutes ses dispositions soient pleinement conformes aux obligations de la Turquie en vertu du droit international des droits de l’homme, y compris en matière de droits de l’enfant. »
Les amendements alourdissent les peines de prison pour les enfants âgés de 12 à 18 ans. Les enfants de 15 à 18 ans reconnus coupables de crimes passibles de la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté, notamment d’homicide volontaire, pourraient écoper de peines allant de 19 à 27 ans de prison.
Ceux reconnus coupables de crimes passibles de la réclusion criminelle à perpétuité pourraient recevoir des peines allant de 15 à 18 ans.
Le bureau des droits de l’homme de l’ONU a exhorté la Turquie à maintenir un système de justice pour mineurs qui concilie responsabilité et réinsertion.
Le droit international des droits de l’homme n’autorise l’emprisonnement des enfants qu’en dernier recours et pour la période la plus courte possible, a rappelé le bureau.
Les peines d’emprisonnement à perpétuité et les longues périodes de détention pour les enfants vont à l’encontre des protections prévues par la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, a-t-il ajouté.
© Agence France-Presse



