Le ministre turc des Affaires étrangères rencontre son ancien adversaire Haftar à Benghazi
Les points importants
- Visite historique : Fidan rencontre Haftar à Benghazi pour la première fois, marquant un rapprochement.
- Changement de stratégie : Ankara passe du conflit armé à la coopération avec l’Est libyen.
- Enjeux économiques : La Turquie cherche à protéger ses intérêts et l’accord maritime de 2019.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a rencontré le commandant libyen de l’Est, Khalifa Haftar, à Benghazi mercredi lors de sa première visite officielle dans cette ville, marquant le changement de cap d’Ankara, passant du combat contre les forces de Haftar à l’établissement de liens avec elles.
Le ministère turc des Affaires étrangères a publié des photos de la rencontre entre Fidan et Haftar, dont l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) contrôle une grande partie de l’Est et du Sud de la Libye. Le ministère n’a pas divulgué les détails de leurs entretiens.
Fidan a également rencontré Saddam Haftar, le fils de Khalifa Haftar et commandant adjoint de l’ANL, qui l’a accueilli à l’aéroport.
Ces rencontres ont eu lieu le deuxième jour de la visite de Fidan en Libye. Il s’était entretenu mardi à Tripoli avec le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah du Gouvernement d’union nationale (GNU), le président du Conseil présidentiel Mohamed al-Menfi et le président du Haut Conseil d’État Mohamed Takala, comme l’a annoncé le ministère.
La Libye reste divisée entre le GNU à Tripoli et une administration rivale dans l’Est soutenue par Haftar.
La Turquie avait déployé des troupes, des drones et des systèmes de défense aérienne en soutien au gouvernement de Tripoli en 2020, contribuant à repousser une offensive de l’ANL qui avait atteint les abords de la capitale. Les forces de Haftar avaient reçu le soutien de la Russie, de l’Égypte et des Émirats arabes unis.
Ankara a depuis ouvert des canaux diplomatiques et militaires avec le camp de Haftar tout en maintenant sa présence dans l’Ouest libyen. Le chef du renseignement turc, İbrahim Kalın, et d’autres responsables ont eu des entretiens à Benghazi, tandis que Saddam Haftar s’est rendu à plusieurs reprises en Turquie.
La Turquie présente ce rapprochement comme faisant partie d’une politique de « une seule Libye ». Ankara cherche également à protéger ses intérêts commerciaux et énergétiques et à obtenir le soutien de l’Est libyen pour un accord de délimitation maritime signé en 2019 avec le gouvernement de Tripoli.
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Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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