Le ministre turc des Affaires étrangères accuse Israël de chercher à déstabiliser la Syrie
Les points importants
- Accusation d’Ankara : Hakan Fidan a accusé Israël de chercher à déstabiliser la Syrie lors d’une visite à Damas.Frappe sur une base : Israël a attaqué la base aérienne d’Abou al-Douhour pour empêcher un déploiement turc, ce que la Turquie a nié.Dialogue et soutien : La Syrie et Israël ont tenu des pourparlers, tandis que la Turquie réaffirme son soutien à la souveraineté syrienne.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a accusé Israël dimanche de chercher à déstabiliser la Syrie par des frappes répétées sur le pays.
Fidan a fait ces remarques lors d’une visite à Damas, où il est apparu lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani.
« Alors que la Syrie offre tant d’espoir à la région et au monde, il y a soudainement un acteur qui s’efforce de déstabiliser le pays », a déclaré Fidan. « Vous connaissez le nom de cet acteur : Israël. »
Il a affirmé que les politiques israéliennes représentaient « l’obstacle le plus sérieux » à la trajectoire actuelle de la Syrie, citant la frappe du mois dernier sur la base aérienne d’Abou al-Douhour, dans le nord-ouest de la Syrie, comme exemple récent.
Bakanımız @HakanFidan, Suriye Cumhurbaşkanı Ahmed Şara tarafından Şam’da kabul edildi. pic.twitter.com/L5XL9RxKsW
— T.C. Dışişleri Bakanlığı (@TC_Disisleri) September 13, 2026
Israël a déclaré avoir attaqué la base aérienne pour empêcher le déploiement de troupes turques sur place. La Turquie a rejeté les allégations israéliennes concernant ses projets pour l’installation. Des responsables syriens cités par l’Associated Press ont toutefois indiqué qu’une délégation militaire turque avait visité la base peu avant la frappe pour inspecter des travaux de réhabilitation.
Al-Shaibani a décrit l’attaque comme ayant envoyé « un message destructeur visant à saper la voie de la construction de l’État syrien ».
Il a déclaré qu’elle n’avait « aucune justification légitime ou légale » et qu’elle n’affecterait pas les relations entre la Syrie et la Turquie.
Al-Shaibani a affirmé que Damas restait engagée dans la diplomatie parce qu’elle comprenait les conséquences de la guerre. Il a néanmoins qualifié la position de la Syrie sur les actions militaires israéliennes de « ferme et inébranlable » et a appelé les forces israéliennes à se retirer vers les positions qu’elles occupaient avant la chute de l’ancien président syrien Bachar al-Assad en décembre 2024.
Israël a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la destitution d’Assad par des forces rebelles dirigées par Ahmed al-Sharaa, devenu par la suite président de la Syrie. Le gouvernement d’Al-Sharaa a reçu un fort soutien politique de la part de la Turquie.
Après le départ d’Assad, les forces israéliennes sont entrées dans une zone tampon patrouillée par l’ONU séparant les forces israéliennes et syriennes près du Golan occupé par Israël. Israël a également mené des opérations plus à l’intérieur du territoire syrien, et des responsables israéliens ont déclaré que les troupes resteraient dans des positions stratégiques pour des raisons de sécurité.
Israël et la Syrie ont tenu plusieurs cycles de pourparlers directs, le plus récemment en Jordanie après la frappe sur la base aérienne d’Abou al-Douhour. Les discussions ont porté sur les arrangements de sécurité et la réduction des tensions le long de leur frontière commune.
Lors de la conférence de presse de dimanche, Fidan a réaffirmé le soutien de la Turquie à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à la stabilité politique de la Syrie.
Il a également déclaré que le président turc Recep Tayyip Erdoğan devrait bientôt se rendre en Syrie, sans toutefois annoncer de date.
© Agence France-Presse




