Selon un rapport, la police turque a interpellé une cellule de l’EI sans l’appui des forces spéciales, lors d’un raid meurtrier
Les points importants
- Absence de soutien des forces spéciales : La police a procédé à un raid sans attendre les unités d’élite, malgré les risques élevés.
- Bilan humain lourd : Trois policiers tués et huit blessés, six suspects de l’EI abattus.
- Négligence présumée : Le ministère de l’Intérieur a ouvert une enquête sur les manquements lors de cette opération.
La police turque a envoyé des agents au domicile occupé par des membres armés d’une cellule de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) avant l’arrivée des unités spéciales de la police et de la gendarmerie, et ce malgré des renseignements reliant les occupants à la branche Khorasan du groupe, selon un rapport de police sur l’opération, au cours de laquelle trois agents ont été tués.
La police s’est rendue dans une maison à Yalova à 2 heures du matin, heure locale, le 29 décembre 2025, pour appréhender Mehmet Cami Sordabak. Les hommes armés ont ouvert le feu à l’arrivée des renforts. Les policiers des opérations spéciales et les gendarmes ne sont arrivés qu’après le début de l’affrontement, selon un rapport de police de 982 pages consulté par le site d’information T24.
Avant la fin de l’opération à 9h40, trois officiers ont été tués et huit autres ainsi qu’un veilleur de nuit ont été blessés. Six présumés membres de l’EIIL sont morts. La police a évacué cinq femmes et six enfants, et l’EIIL a revendiqué la responsabilité de l’attaque.
Le raid a fait suite à des renseignements reliant Sordabak à la province du Khorasan de l’État islamique (EIIL-K), la branche du groupe opérant principalement en Afghanistan et au Pakistan. Deux complices capturés au Pakistan ont été renvoyés en Turquie en avril mais libérés sous contrôle judiciaire trois jours plus tard. La police a ensuite appris que le groupe continuait à se réunir et cherchait des routes vers l’Afghanistan et le Pakistan.
La police a trouvé 14 armes à feu, un engin explosif, des composants de bombe et six pièges métalliques conçus pour crever les pneus des véhicules policiers. Le rapport indique que la cellule préparait peut-être des attaques contre les forces de sécurité, les célébrations du Nouvel An et un événement religieux.
Selon le rapport, l’EIIL utilise désormais la Turquie pour le recrutement, le financement et le transit. Le ministère de l’Intérieur a nommé des inspecteurs pour enquêter sur la négligence présumée de la police.




