31 députés européens exhortent l’UE à agir pour la libération du délégué jeunesse du Conseil de l’Europe arrêté en Turquie pour un discours à Strasbourg
Trente-et-un députés européens ont appelé la Commission européenne à prendre des mesures diplomatiques et politiques urgentes pour la libération d’Enes Hocaoğulları, un militant LGBTQ+ de 23 ans et délégué jeunesse turc au Conseil de l’Europe, arrêté ce mois-ci pour un discours prononcé à Strasbourg dénonçant les violences policières et la détention de maires de l’opposition.
🚨 🇪🇺🇹🇷 Together with over 30 MEPs @Europarl_EN, we are urging the @EU_Commission to act for the immediate release of Turkish youth activist #EnesHocaoğulları. Silencing young voices for speaking up endangers democracy everywhere. — the EU cannot just stand by. #FreeEnes pic.twitter.com/ztT56O1OoD
— Lucia Yar (@Lucia_Yar) August 19, 2025
Dans une lettre datée du 19 août adressée aux hauts responsables de l’UE – dont la vice-présidente de la Commission Kaja Kallas, la commissaire à l’élargissement Marta Kos et la commissaire pour la Méditerranée Dubravka Šuica -, les eurodéputés ont exigé la « libération immédiate et inconditionnelle » de Hocaoğulları et la fin de ce qu’ils qualifient de « harcèlement judiciaire » à son encontre.
Hocaoğulları a été interpellé à l’aéroport d’Esenboğa à Ankara le 4 août avant d’être placé en détention provisoire. Les procureurs l’accusent de « diffusion d’informations trompeuses » et d’« incitation à la haine », des charges que les défenseurs des droits jugent souvent instrumentalisées par la justice turque pour réprimer l’expression politique pacifique.
Ces accusations découlent d’un discours prononcé le 27 mars lors d’une session plénière du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, peu après l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu. Intitulé « Les jeunes de Turquie disent « Assez » », son intervention dénonçait une brutalité policière disproportionnée, la réduction des espaces de contestation et la destitution d’élus locaux de l’opposition.
Les eurodéputés estiment que ce discours, tenu dans un cadre institutionnel, est protégé par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme garantissant la liberté d’expression. Ils qualifient son arrestation de symptôme d’« un schéma répressif plus large visant journalistes, étudiants, opposants et acteurs de la société civile en Turquie ».
« Les interpellations massives de manifestants pacifiques et les destitutions systématiques d’élus témoignent d’un effritement plus large des institutions démocratiques et des libertés fondamentales dans le pays », peut-on lire dans la lettre.
Cet appel fait écho aux critiques internationales croissantes. Marc Cools, président du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe, a qualifié cette affaire de « scandaleuse et inacceptable », y voyant une représailles politique contre un porte-voix de la jeunesse.
Son arrestation a également suscité l’indignation des partis d’opposition turcs, des ONG et des associations LGBTQ+, pour qui il est puni d’avoir porté les préoccupations de sa génération.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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