Des activistes de la flottille affirment que les soldats israéliens parlaient turc et demandent la révocation de la nationalité des binationaux servant dans l’armée israélienne
Quinze activistes turcs de retour de la flottille Global Sumud ont dénoncé des violences commises par des soldats israéliens parlant turc et exhorté Ankara à révoquer la nationalité des binationaux servant dans l’armée israélienne, selon un rapport de l’agence de presse étatique Anadolu publié mardi.
La flottille Global Sumud, organisée par des groupes internationaux pro-palestiniens, avait pris la mer début octobre pour livrer symboliquement de l’aide et briser le blocus naval israélien de Gaza. Les forces navales israéliennes ont intercepté les navires dans les eaux internationales, arrêtant plus de 400 participants dont plus de 40 citoyens turcs. Un vol spécial de Turkish Airlines a rapatrié 137 activistes expulsés, dont 36 Turcs, à Istanbul le 4 octobre.
Selon Anadolu, les 15 activistes turcs restants sont arrivés à l’aéroport d’Istanbul mardi soir après avoir été transportés depuis Amman.
Les activistes ont affirmé que des soldats israéliens parlant turc les avaient maltraités pendant leur détention, appelant le gouvernement turc à révoquer la nationalité des binationaux servant dans l’armée israélienne.
S’adressant aux journalistes à son arrivée, l’activiste Zeynel Abidin Özkan a déclaré que lors de l’arraisonnement de leurs navires et de leur détention, ils « ont subi des violences, ont été traînés et battus – notamment par des soldats israéliens possédant la nationalité turque et parlant turc. » Il a ajouté qu’ »au moins trois soldats parlaient couramment turc, nous ont montré leurs passeports turcs et nous ont insultés. »
Un autre activiste, Muhammed Fatih Sinan, a relayé ces accusations dans une déclaration à la presse, affirmant que certains soldats « nous donnaient des coups de pied à terre en disant : ‘J’ai ce passeport aussi.’ » Il a exhorté les autorités à identifier ces individus et à révoquer leur nationalité turque, déclarant : « Nous ne voulons pas de ces personnes dans ce pays. »
Cet incident a suscité l’indignation dans les milieux pro-palestiniens en Turquie. L’écrivain islamiste Adem Özköse, qui a partagé les déclarations des activistes sur X, a qualifié d’ »inconcevable » l’absence de mesures contre ce qu’il a appelé les « binationaux sionistes ».
« Désormais, ne pas agir contre ces binationaux sionistes équivaut à les protéger. Comprenez-le bien – nous ne voulons pas un seul sioniste dans notre pays », a-t-il ajouté.
Akıl alır gibi değil. Gelen tüm tepkilere rağmen çifte vatandaş siyonistlere karşı en ufak bir adım atılmıyor. Bu saatten sonra çifte vatandaş siyonistlere karşı bir şey yapmamak onları korumak anlamına gelecektir. Anlayın artık. Ülkemizde tek bir siyonist bile istemiyoruz. https://t.co/nYDnTagfLc
— Adem Özköse (@ademozkose) October 7, 2025
La participante à la flottille Ayçin Kantoğlu a également pris la parole sur les réseaux sociaux, appelant à des mesures juridiques et politiques. « Faire de la propagande pour le sionisme ou Israël, se moquer des victimes de génocide ou justifier un génocide sur des bases religieuses ou ethniques devrait être traité comme des actes de terrorisme », a-t-elle déclaré.
Kantoğlu a ajouté que les binationaux ayant servi ou servant dans « l’armée organisée du mal et du génocide d’Israël » devaient être traduits en justice pour crimes contre l’humanité et que leur nationalité turque devrait être révoquée.
Türkiye'de Siyonizm ve İsrail güzellemesi yapmak, soykırıma uğrayanları aşağılamak, din, dil, ırk üzerinden soykırımı meşrulaştırmak suç olarak"terörle mücadele" kapsamına alınmalıdır.
İsrail denilen örgütlü kötülüğün soykırım ordusunda görev yapmış veya yapmakta olan çifte…— Ayçin Kantoğlu (@Aycin_Kantoglu) October 8, 2025
Hüseyin Şuayb Ordu, également participant, a déclaré que les soldats israéliens avaient tenté d’humilier les activistes turcs en les frappant à la tête avec des passeports turcs, affirmant qu’ils en possédaient aussi.
Les activistes affirment avoir subi des conditions de détention difficiles, notamment de longues heures exposés au soleil, des positions de stress imposées, des privations de nourriture et d’eau ainsi que des insultes verbales.
« Ils prenaient plaisir à nous maltraiter », a déclaré l’activiste Sümeyye Sena Polat, se souvenant avoir été forcée de regarder des vidéos de propagande israélienne.
Le gouvernement turc n’a pas commenté les allégations concernant les soldats israéliens parlant turc.
Les Juifs sont l’une des minorités officiellement reconnues en Turquie. Le pays comptait autrefois une importante communauté juive, mais la plupart de ses membres ont quitté le pays au fil des ans.
L’hostilité envers Israël est vive en Turquie depuis que la campagne militaire israélienne à Gaza a fait plus de 67 000 morts selon le ministère de la Santé à Gaza, des chiffres que l’ONU juge crédibles.
Face à la colère grandissante, le Parti de la cause libre (HÜDA PAR), un petit allié islamiste radical du président Recep Tayyip Erdoğan, a déposé en juillet 2024 un projet de loi au parlement visant à retirer la nationalité turque aux ressortissants servant dans l’armée israélienne et à les poursuivre pour « crimes contre l’humanité ». Cette proposition, toujours en examen au parlement, fait suite à des rapports sur des binationaux turco-israéliens ayant rejoint l’armée israélienne après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et a reçu le soutien de groupes pro-palestiniens exigeant des mesures plus fermes contre les binationaux accusés de participer à la guerre d’Israël à Gaza.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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