Le président turc Recep Tayyip Erdogan arrive à une réunion avec la présidente de la Commission européenne et le président du Conseil de l'UE au siège de l'UE à Bruxelles, le 9 mars 2020. (Photo par JOHN THYS / AFP)
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Erdoğan affirme que l’Europe serait vulnérable sans la Turquie

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Par Bosphorama

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L’Europe resterait incomplète et moins capable de gérer les crises sans la Turquie, a déclaré samedi le président turc Recep Tayyip Erdoğan dans un communiqué marquant la Journée de l’Europe.

Selon la Direction des communications de la Turquie, Erdoğan a affirmé que la Turquie demeure une partie « essentielle et indispensable » de l’avenir européen en tant que pays candidat à l’adhésion à l’UE.

« Une architecture européenne qui n’inclut pas la Turquie à sa juste place restera incomplète et vulnérable face aux crises », a déclaré Erdoğan.

La Journée de l’Europe, célébrée le 9 mai, commémore la Déclaration Schuman de 1950, une initiative française ayant contribué à poser les bases de l’intégration européenne après la Seconde Guerre mondiale.

Erdoğan a souligné que cette déclaration incarnait un engagement à bâtir un avenir commun sur le continent, fondé sur la paix, la coopération et le respect mutuel.

Il a ajouté que les principes fondateurs de l’UE, établis il y a 76 ans, sont aujourd’hui mis à l’épreuve par les guerres, les crises politiques et les problèmes économiques aux conséquences mondiales.

Face à ces défis, Erdoğan a appelé l’UE à adopter des politiques plus inclusives et unificatrices.

« Comme nous l’avons déjà affirmé, le besoin de l’Union européenne envers la Turquie dépasse celui de la Turquie envers l’UE, et cette nécessité devrait encore s’accroître à l’avenir », a-t-il déclaré.

Le président turc a réitéré la volonté d’Ankara d’avancer dans ses relations avec l’UE sur une base « gagnant-gagnant », fondée sur des obligations mutuelles et une perspective d’adhésion pleine et entière, tout en appelant Bruxelles à faire preuve de la même « volonté sincère ».

Candidate à l’UE depuis 1999, la Turquie a entamé des négociations d’adhésion en 2005, mais le processus est au point mort depuis des années en raison des tensions autour de Chypre, des reculs démocratiques en Turquie et de l’opposition de certains États membres.

Le message d’Erdoğan intervient après plusieurs semaines de tensions dans les relations UE-Turquie.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait déclaré le 19 avril que l’UE devait finaliser son élargissement pour éviter de tomber sous « l’influence russe, turque ou chinoise », suscitant des critiques de la Turquie et de certaines personnalités européennes.

La Commission européenne a par la suite qualifié la Turquie de « partenaire économique et politique incontesté » dans la région.

Ankara était également absente d’un sommet informel des dirigeants européens à Chypre, où ont été abordés l’Ukraine, le Moyen-Orient et la sécurité régionale avec plusieurs partenaires de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient.

La localisation de l’événement rendait la participation turque politiquement délicate, la Turquie ne reconnaissant pas la République de Chypre (membre de l’UE) et soutenant l’administration chypriote turque dans le nord de l’île, uniquement reconnue par Ankara.

Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a également critiqué l’UE cette semaine lors d’une visite en Autriche, interrogeant Bruxelles sur ses attentes au vu du rôle de la Turquie en Ukraine, au Moyen-Orient, dans les Balkans, ainsi que dans les domaines commerciaux et de défense.

Fidan a rappelé que le commerce Turquie-UE avoisinait les 250 milliards de dollars et pourrait atteindre 500 milliards avec une modernisation de l’union douanière.

En vigueur depuis 1995, l’union douanière actuelle ne couvre que les biens industriels. Ankara réclame depuis longtemps son élargissement aux services, à l’agriculture et aux marchés publics.

Le chef de la diplomatie turque a aussi dénoncé les blocages décisionnels au sein de l’UE, où un petit État membre peut entraver des avancées bénéfiques à des centaines de millions de personnes, en allusion transparente à Chypre.

Devlet Bahçeli, leader du Parti d’action nationaliste (MHP, extrême droite) et principal allié politique d’Erdoğan, a fustigé les propos de von der Leyen, estimant que l’Europe souffrait de « cécité politique » et « ne pouvait se passer de la Turquie ».

Ces échanges reflètent la contradiction au cœur des relations UE-Turquie.

L’Europe reconnaît l’utilité de la Turquie pour la sécurité, les migrations, la défense, l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et la diplomatie dans des régions comme l’Ukraine, la Syrie, la mer Noire ou la Méditerranée orientale.

Mais de nombreux gouvernements européens hésitent à relancer le processus d’adhésion turc ou à accorder à Ankara un rôle élargi dans l’architecture sécuritaire européenne, en raison des préoccupations concernant l’état de droit, les droits humains, les divergences de politique étrangère et les différends impliquant la Grèce et Chypre.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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