Erdoğan cherche un partenariat sud-coréen pour la centrale nucléaire de Sinop lors de sa visite à Séoul
Les points importants
- Nucléaire : Erdoğan cherche un accord de coopération avec KEPCO pour la centrale de Sinop, après l’échec du consortium japonais en 2020.
- Commerce : Le président turc déplore un fort déséquilibre commercial (1,14 milliard $ d’exportations contre 10,26 milliards $ d’importations) et appelle à des investissements sud-coréens.
- Diversification : Au-delà de l’énergie, Erdoğan veut renforcer les liens dans la défense, les semi-conducteurs et l’IA, tout en multipliant les partenaires pour réduire sa dépendance.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan est arrivé lundi en Corée du Sud avec, à l’ordre du jour, un possible partenariat pour la centrale nucléaire de Sinop, un projet turc de longue date, tout en précisant que le financement et le coût de l’électricité détermineraient le choix d’Ankara, selon l’agence de presse Yonhap basée à Séoul.
Dans un entretien écrit accordé à Yonhap avant la visite, Erdoğan a indiqué que la Turquie avait mené des études de faisabilité préliminaires avec la Korea Electric Power Corp. (KEPCO), entreprise publique, et qu’elle évaluait encore les conditions techniques et économiques du projet en mer Noire.
« Nous considérons la République de Corée comme un grand partenaire potentiel pour cette initiative », a déclaré Erdoğan, en référence au projet de construction de la deuxième centrale nucléaire turque à Sinop, sur la côte turque de la mer Noire.
Ankara envisageait également des discussions avec d’autres pays, a-t-il ajouté.
Ces déclarations placent la coopération nucléaire au cœur de la première visite d’Erdoğan en Corée du Sud depuis 2018, mais sans aller jusqu’à annoncer un accord.
Il doit rencontrer mardi le président sud-coréen Lee Jae Myung lors de cette visite d’État de trois jours, l’énergie, la défense, le commerce et l’investissement figurant parmi les sujets prévus aux discussions.
Pour Sinop, la question du coût a déjà fait échouer un précédent partenariat.
La Turquie avait accepté en 2013 de poursuivre le projet avec un consortium dirigé par le Japon. Erdoğan et le Premier ministre japonais de l’époque, Shinzo Abe, discutaient encore en 2018 des moyens d’accélérer le chantier, alors même que les coûts estimés grimpaient en flèche.
En janvier 2020, le ministre de l’Énergie de l’époque, Fatih Dönmez, avait annoncé que les deux parties avaient convenu de mettre fin à leur coopération, le budget proposé et le calendrier de construction ne répondant pas aux attentes de la Turquie.
Les dernières discussions avec Séoul s’appuient sur un protocole d’accord que KEPCO et l’entreprise nucléaire publique turque TÜNAŞ ont signé lors de la visite de Lee à Ankara en novembre 2025. Il couvre la technologie, l’évaluation du site, les autorisations, le financement et les modèles d’affaires, fournissant un cadre de coopération plutôt qu’un contrat de construction.
Le site de Sinop a reçu une autorisation réglementaire en avril 2024, selon le profil pays de l’Agence internationale de l’énergie atomique. La première centrale turque, Akkuyu, dotée de quatre réacteurs et construite par le russe Rosatom sur la côte méditerranéenne, est toujours en chantier.
Le ministre de l’Énergie Alparslan Bayraktar, qui accompagne Erdoğan à Séoul, a déclaré la semaine dernière que la Turquie espérait commencer à utiliser l’électricité d’Akkuyu en 2027. Le gouvernement présente le nucléaire comme un élément de sa stratégie visant à renforcer l’indépendance énergétique et à répondre à la demande croissante d’électricité.
Au-delà de l’énergie, Erdoğan cherche à attirer davantage d’investissements sud-coréens et de production conjointe en Turquie, identifiant la défense, les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et la robotique comme des domaines de coopération privilégiés.
Il a également appelé à une relation commerciale plus équilibrée, alors que les deux pays visent un objectif d’échanges annuels de 15 milliards de dollars.
S’appuyant sur les chiffres de 2025, Erdoğan a indiqué que la Turquie avait exporté pour environ 1,14 milliard de dollars de biens vers la Corée du Sud, contre 10,26 milliards de dollars d’importations, soit un déficit d’environ 9,12 milliards de dollars en faveur de Séoul. Il a invité les entreprises sud-coréennes à investir dans les chemins de fer, les centres logistiques et autres infrastructures reliant l’Asie et l’Europe.
« Avec sa solide infrastructure de fabrication, sa main-d’œuvre qualifiée et sa position stratégique, la Turquie offre des opportunités significatives aux investisseurs coréens », a déclaré le président turc.
« En combinant l’expertise de la République de Corée en matière de technologie et d’innovation avec la force de fabrication de la Turquie, nous pouvons obtenir un succès bien plus grand. »
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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