Le maire d'Istanbul Ekrem İmamoğlu (Photo : X)
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İmamoğlu exhorte l’UE à moderniser l’union douanière et promet des réformes après une victoire de l’opposition

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Par Bosphorama

Publié le

Ekrem İmamoğlu, maire emprisonné d’Istanbul et figure majeure de l’opposition en Turquie, a adressé une lettre ouverte aux dirigeants européens appelant à une modernisation urgente de l’union douanière UE-Turquie, avertissant que les accords commerciaux actuels creusent les déséquilibres structurels et nuisent à l’industrie turque.

Depuis la prison de Marmara à Silivri, où il est détenu depuis plus de 10 mois, İmamoğlu a déclaré que la réforme de l’union douanière était devenue incontournable pour la Turquie comme pour l’UE et ne devait plus être retardée.

La Turquie cherche depuis longtemps à actualiser l’accord d’union douanière, entré en vigueur en 1995, qui permet à la plupart des biens industriels de circuler sans droits de douane entre la Turquie et l’UE, son principal partenaire commercial.

Cependant, cet accord exclut des secteurs clés comme les services, les marchés publics et la plupart des échanges agricoles, tout en liant la Turquie à la politique commerciale de l’UE sans lui donner voix au chapitre dans les négociations avec les pays tiers.

İmamoğlu a souligné que les récents développements ont aggravé ces déséquilibres, pointant les accords de libre-échange conclus par l’UE avec le bloc Mercosur en Amérique du Sud et avec l’Inde.

(De g. à dr.) Le président panaméen Jose Raul Mulino, le président bolivien Rodrigo Paz, le président du Conseil européen Antonio Costa, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président paraguayen Santiago Pena, le président argentin Javier Milei, le président uruguayen Yamandu Orsi et le ministre brésilien des Affaires étrangères Mauro Vieira posent pour la photo officielle tandis que le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique Maros Sefcovic (à g., arrière-plan) applaudit, à l’issue de la cérémonie de signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, au Gran Teatro Jose Asuncion Flores de la Banque centrale du Paraguay à Asuncion, le 17 janvier 2026. Le bloc sud-américain Mercosur et l’Union européenne ont signé le 17 janvier un important accord commercial aboutissant après 25 ans de négociations. (Photo de Luis ROBAYO / AFP)

La Turquie étant liée par l’union douanière mais exclue de telles négociations, a-t-il expliqué, les exportateurs turcs font face à des conditions de plus en plus asymétriques.

L’UE a récemment conclu d’importants accords de libre-échange avec des pays tiers, notamment le Mercosur — comprenant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay — et l’Inde. Ces accords visent à réduire les droits de douane et élargir l’accès aux marchés une fois pleinement ratifiés.

La Turquie ne bénéficie pas automatiquement de ces accords, une situation que les critiques jugent défavorable structurellement aux industriels et exportateurs turcs.

İmamoğlu a également critiqué l’initiative « Fabriqué en Europe » de la Commission européenne, avertissant qu’elle pourrait marginaliser davantage les produits turcs.

Cette proposition vise à restreindre l’accès des fournisseurs non européens à des segments du marché des marchés publics de l’UE en imposant des exigences de contenu local pouvant atteindre 70% pour certains biens, affectant potentiellement des secteurs étroitement intégrés aux chaînes d’approvisionnement européennes comme l’automobile et les technologies vertes.

« Le secteur industriel turc et la communauté d’affaires font face à de sérieuses difficultés et incertitudes en raison des déséquilibres structurels et pratiques discriminatoires découlant d’une Union douanière obsolète », a écrit İmamoğlu, qualifiant une réforme globale de nécessité urgente.

La Commission européenne a proposé en 2016 d’engager des discussions pour moderniser l’union douanière, mais le processus est au point mort en raison des tensions politiques et des préoccupations européennes sur le recul démocratique et les questions d’État de droit en Turquie.

İmamoğlu a affirmé que les progrès sur la modernisation de l’union douanière seront inévitablement liés aux réformes démocratiques, assurant qu’un futur gouvernement dirigé par l’opposition reconstruira le pays sur la base des droits humains et de l’État de droit plus rapidement que beaucoup ne le pensent.

La Turquie est candidate officielle à l’adhésion à l’UE depuis 1999, et les négociations d’adhésion ont commencé en 2005. Cependant, le processus est pratiquement gelé ces dernières années en raison des tensions croissantes sur le recul démocratique, les questions d’État de droit et les différends de politique étrangère d’Ankara avec les États membres.

İmamoğlu a également réaffirmé son soutien à une adhésion turque à l’UE, la décrivant comme un objectif d’importance historique pour les deux parties.

Il a déclaré que le processus d’adhésion aidera à combler les lacunes démocratiques de la Turquie et à pérenniser les réformes tout en renforçant la capacité de l’UE à faire face aux défis géopolitiques et économiques croissants.

« Le renouveau démocratique en Turquie n’est pas un idéal lointain », a écrit İmamoğlu. « C’est une nécessité urgente. »

İmamoğlu a été élu maire d’Istanbul en 2019 et réélu en 2024.

Il est largement perçu comme un potentiel rival du président Recep Tayyip Erdoğan lors de l’élection de 2028. Il a été arrêté en mars dans ce que les critiques décrivent comme une enquête pour corruption politiquement motivée visant la municipalité métropolitaine d’Istanbul, avant d’être destitué.

L’appel d’İmamoğlu fait écho à une récente demande du monde des affaires turc. Samedi dernier, les dirigeants de 26 conseils commerciaux Turquie-UE ont exhorté les institutions européennes à réinitialiser les relations avec Ankara et à avancer sur la modernisation de l’union douanière.

Dans une lettre ouverte publiée sous forme de publicité dans le Financial Times, ils ont affirmé que la stagnation prolongée des relations UE-Turquie sape la coopération stratégique à un moment de défis géopolitiques et économiques croissants, et qu’une union douanière actualisée renforcerait la compétitivité des deux côtés.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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