Israël reconsidère un accord avec la Syrie après une frappe qui exacerbe les tensions avec la Turquie
Les points importants
- Reconsidération stratégique : Israël assouplit sa ligne dure envers la Syrie après une frappe aérienne controversée, dans l’espoir d’apaiser les tensions avec la Turquie et d’obtenir le soutien de Washington.
- Médiation américaine : Le chef du Mossad a rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères en Jordanie sous l’égide des États-Unis pour discuter d’un cessez-le-feu et d’un accord de sécurité.
- Enjeux territoriaux : Damas exige le retour d’Israël aux positions d’avant la chute d’Assad et le rétablissement de l’accord de 1974, tandis qu’Israël conditionne tout retrait à la fin des « menaces djihadistes ».
Israël reconsidère sa politique intransigeante envers la Syrie, cherchant à rétablir les liens avec l’envoyé américain Tom Barrack et explorant un accord de sécurité avec Damas après une frappe qui a ravivé les tensions avec la Turquie.
Des officiers turcs avaient visité le site dans le cadre d’une activité d’entraînement avec la Syrie, mais aucune délégation turque n’était présente avant ou pendant l’attaque, a déclaré le ministère turc de la Défense.
La Turquie soutient le président syrien Ahmed al-Sharaa depuis que sa coalition rebelle a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024 et a aidé le nouveau gouvernement à former et reconstruire ses forces armées.
Le chef du Mossad, David Barnea, a rencontré dimanche le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, en Jordanie lors de pourparlers sous médiation américaine, a rapporté la presse d’État syrienne.
Les discussions ont porté sur les mesures visant à stopper les frappes israéliennes, les arrestations et les opérations ciblées en Syrie, ainsi que sur la relance d’un accord de sécurité.
Les deux parties ont également évoqué les moyens d’empêcher que les tensions entre la Turquie et Israël ne débordent sur le territoire syrien.
Damas exige qu’Israël revienne aux positions occupées avant la chute d’Assad et rétablisse l’accord de 1974 qui avait instauré une zone tampon sous supervision de l’ONU.
Israël a conquis le plateau du Golan sur la Syrie en 1967 et a ensuite annexé ce territoire, une décision reconnue par les États-Unis mais rejetée par la majeure partie de la communauté internationale.
Un responsable israélien de la sécurité, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confié à Al-Monitor qu’un accord intérimaire soutenu par des garanties américaines et internationales pourrait réduire les déploiements de troupes et limiter les armes lourdes entre Damas et la frontière israélienne.
La position publique d’Israël reste inchangée : le ministre de la Défense, Israel Katz, a insisté mardi sur le maintien des forces israéliennes sur le mont Hermon et dans la zone tampon tant qu’Israël fera face à ce qu’il appelle des « menaces djihadistes ».
Al-Monitor attribue ce revirement aux espoirs du Premier ministre Benyamin Netanyahou d’obtenir le soutien du président américain Donald Trump avant les élections israéliennes du 27 octobre, même si un proche de Netanyahou a confié au média que la pression des électeurs de droite laissait peu de place aux concessions.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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