Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan (Photo par Adem ALTAN / AFP)
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La Turquie a refusé de signer un plan d’action contre Israël à Bogotá pour préserver ses intérêts en mer Égée, selon le ministre des Affaires étrangères

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Par Bosphorama

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Le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré vendredi que la Turquie avait refusé de se joindre à 12 pays pour soutenir un plan d’action en six points lors d’un sommet en Colombie visant la conduite d’Israël dans les territoires palestiniens occupés, en raison des inquiétudes concernant les implications juridiques de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) qui pourraient affecter ses différends maritimes avec la Grèce.

La conférence des 15 et 16 juillet à Bogotá, co-organisée par la Colombie et l’Afrique du Sud dans le cadre du Groupe de La Haye, a rassemblé plus de 30 nations cherchant à coordonner des mesures juridiques et diplomatiques contre ce qu’elles ont décrit comme une campagne génocidaire d’Israël à Gaza. Bien que la Turquie ait signé la déclaration politique générale condamnant les actions israéliennes, elle s’est abstenue de soutenir les mesures concrètes comprenant des restrictions sur les transferts d’armes, l’accès aux ports et les marchés publics liés aux politiques d’occupation israéliennes.

Dans des remarques défendant cette décision, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a souligné qu’Ankara soutient fermement les efforts juridiques internationaux pour tenir Israël responsable, mais que le plan d’action soulevait des inquiétudes liées à la CNUDM — un traité que la Turquie n’a pas ratifié en raison des différends maritimes en cours en mer Égée.

Fidan a déclaré qu’après avoir consulté des experts juridiques et les institutions concernées, Ankara avait conclu qu’elle pouvait accepter le contenu général du texte à condition que sa réserve soit notée.

Fidan a critiqué les dirigeants de l’opposition pour avoir attaqué cette décision, affirmant qu’ils ne comprennent pas les complexités juridiques impliquées ou s’alignent involontairement sur les positions grecques en Méditerranée orientale. Il a rappelé que la Turquie a mené de nombreuses déclarations internationales sur la Palestine depuis le 7 octobre, notamment aux Nations unies et à l’Organisation de la coopération islamique, et que son engagement envers la cause palestinienne reste fort.

Le plan en six points signé par la Bolivie, la Colombie, Cuba, l’Indonésie, l’Irak, la Libye, la Malaisie, la Namibie, le Nicaragua, Oman, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et l’Afrique du Sud engage les signataires à bloquer les transferts d’armes vers Israël, à restreindre l’accès des ports et du pavillon aux navires transportant des fournitures militaires et à engager des examens juridiques des contrats publics qui pourraient soutenir l’occupation. Il exhorte également les pays à exercer leur compétence universelle pour poursuivre les crimes graves commis dans les territoires palestiniens.

Une date limite finale du 20 septembre 2025 — coïncidant avec l’ouverture de la 80e Assemblée générale des Nations unies — a été fixée pour que d’autres États rejoignent ces mesures conformément à la résolution A/RES/ES-10/24 de l’Assemblée générale, qui appelle les États membres à prendre des mesures efficaces dans un délai de 12 mois pour mettre fin aux violations israéliennes du droit international.

Malgré son absence du plan d’action, la Turquie continue de projeter une image pro-palestinienne sur la scène internationale. Cependant, des critiques soulignent les contradictions entre la rhétorique d’Ankara et ses liens énergétiques persistants avec Israël, notamment l’acheminement de pétrole brut via le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui constitue une source majeure d’importations pétrolières israéliennes. Cela, ainsi que son refus de fermer ses ports aux transferts d’armes vers Israël, a valu à la Turquie des accusations de diplomatie de façade.

La rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese, s’exprimant à la clôture du sommet, a décrit le plan d’action comme une étape vitale pour mettre fin à l’impunité. « Ce ne sont pas seulement des mesures, mais des bouées de sauvetage pour un peuple soumis à des assauts incessants et un monde paralysé depuis trop longtemps », a-t-elle déclaré.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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