La Turquie arrête une ancienne enseignante pour des accusations de terrorisme liées à des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les points importants
- Arrestation à la frontière : Fatma Aşık, ancienne enseignante, interpellée alors qu’elle tentait de passer en Grèce.
- Accusations infondées : Poursuivie pour appartenance à une Organisation terroriste sur la base de liens présumés avec le mouvement Gülen.
- Répression massive : Plus de 127 000 condamnations pour liens avec le mouvement Gülen depuis la purge post-coup de 2016.
Une ancienne professeure de couture et broderie, révoquée par un décret-loi d’urgence après la tentative de coup d’État de 2016 en raison de liens présumés avec le mouvement Gülen à caractère religieux, a été arrêtée vendredi à Edirne pour des accusations de terrorisme, rapporte le site d’information TR724 (lien en turc).
Fatma Aşık aurait tenté de fuir vers la Grèce lorsqu’elle a été interpellée. Un tribunal a ensuite ordonné son placement en détention provisoire et son transfert à la prison d’Edirne.
Aşık avait été nommée au Centre d’éducation publique de Nevşehir en juillet 2016, mais a été révoquée par un décret-loi d’urgence promulgué le 1er septembre 2016, dans le cadre des purges massives consécutives à la tentative de coup d’État.
Un mandat d’arrêt avait été émis contre Aşık en octobre 2016. Son procès a débuté après que la 2e Cour pénale lourde de Nevşehir a accepté son acte d’accusation en 2019 pour appartenance à une Organisation terroriste en raison de liens présumés avec le mouvement Gülen. Elle était en fuite depuis lors.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible le mouvement Gülen, une initiative civique mondiale inspirée par les idées du religieux musulman Fethullah Gülen, décédé en 2024, depuis les enquêtes pour corruption de décembre 2013 qui l’impliquaient, lui ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle rapproché. Il a qualifié ces enquêtes de complot de sympathisants du mouvement Gülen et a désigné le mouvement comme une Organisation terroriste en mai 2016, intensifiant une répression sans précédent après la tentative de coup d’État de juillet de la même année, qu’il a imputée à Gülen. Le mouvement Gülen nie toute implication dans la tentative de coup d’État ou toute activité terroriste.
Des photographies d’Aşık prises par des gendarmes dans un poste de gendarmerie après son interpellation ont été diffusées dans les médias. Certains médias pro-gouvernementaux ayant publié ces images ont présenté Aşık comme coupable d’infractions terroristes, bien que son procès soit toujours en cours.
Après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, le gouvernement turc a déclaré un état d’urgence qui est resté en vigueur jusqu’au 19 juillet 2018. Durant cette période, le gouvernement a procédé à une purge des institutions publiques sous prétexte de lutte anti-coup d’État en publiant une série de décrets-lois. Plus de 113 000 fonctionnaires et 4 362 juges et procureurs ont été révoqués pour des liens présumés avec des organisations terroristes, tandis que plus de 26 000 membres des forces armées ont été exclus de l’armée pour appartenance présumée ou relations avec “terrorist organizations” par des décrets-lois d’urgence échappant à tout contrôle judiciaire ou parlementaire.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 127 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement Gülen depuis 2016, dont 10 485 sont encore emprisonnées et des procédures judiciaires sont en cours contre 83 404 individus.
Cet article est republié depuis le Stockholm Center for Freedom.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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