RSF appelle à la solidarité avec un journaliste en exil ciblé par la Turquie pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les points importants
- Répression transnationale : La Turquie a gelé les avoirs du journaliste exilé Doğan Ertuğrul, y compris son épargne-retraite, pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, illustrant une intimidation au-delà des frontières.
- Absence de preuves : La décision de gel ciblant Ertuğrul et d’autres personnes ou organisations ne mentionne aucune transaction financière ni acte concret qui la justifierait.
- Armement des mesures antiterroristes : L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a identifié l’usage par la Turquie de lois anti-blanchiment contre des opposants à l’étranger comme une forme de répression transnationale, entravant leur accès aux services bancaires.
Reporters sans frontières (RSF) a appelé à la solidarité internationale avec Doğan Ertuğrul, un journaliste turc vivant en exil, après que la Turquie a gelé ses avoirs en raison de liens présumés avec le mouvement Gülen, une initiative civique fondée sur la foi. RSF présente cette affaire comme un exemple de la répression transnationale que la Turquie exerce à l’encontre des journalistes critiques à l’étranger.
Dans un communiqué publié vendredi, RSF Autriche a appelé à une solidarité internationale pour défendre le journalisme critique et indépendant en Turquie. Selon RSF, le gel des avoirs s’étend également à l’épargne-retraite privée d’Ertuğrul en Turquie. Il cherche aujourd’hui un soutien juridique et diplomatique international pour contester cette mesure.
Ertuğrul, qui vit en Autriche depuis 2016 et a obtenu l’asile politique dans ce pays, est le rédacteur en chef de Kronos News, un média en ligne critique envers le gouvernement turc. Il est également affilié à l’Association des journalistes libres, basée à Vienne.
Le gel des avoirs a été imposé par une décision conjointe des ministères turcs de l’Intérieur et du Trésor, publiée au Journal officiel le 14 juillet. Cette décision visait Ertuğrul et plusieurs autres individus et organisations pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, en vertu de la loi turque sur le financement de la lutte antiterroriste.
La décision ne précisait aucune transaction financière ni aucun autre acte concret de la part d’Ertuğrul comme fondement de la mesure.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a pris pour cible le mouvement Gülen, une initiative civique mondiale inspirée par les idées du clerc musulman Fethullah Gülen, décédé en 2024, depuis les enquêtes pour corruption de décembre 2013 qui l’ont impliqué, lui ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle rapproché. Il a rejeté ces enquêtes en les qualifiant de complot de sympathisants du mouvement Gülen et a désigné le mouvement comme une « Organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant une purge après une tentative de coup d’État en juillet de la même année qu’il a accusé le mouvement Gülen d’avoir orchestrée. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative de coup d’État ou dans toute activité terroriste.
Ertuğrul a déclaré à RSF qu’il considérait cette mesure comme une tentative d’intimidation des journalistes critiques avant les élections turques de 2028. Il a affirmé que les pressions des autorités turques le poursuivaient à l’étranger et qu’il vivait actuellement sous protection personnelle à Vienne.
La décision du 14 juillet a également gelé les avoirs de plusieurs autres individus et organisations, dont l’Association internationale des journalistes (IJA), basée en Allemagne, et l’Association des journalistes libres, basée en Autriche.
Les autorités turques ont gelé les avoirs de centaines de personnes vivant à l’étranger en vertu de leur législation sur le financement du terrorisme. Les personnes ciblées par ces mesures ont par la suite été signalées dans des bases de données commerciales sur les risques financiers, ce qui a, dans certains cas, entraîné la fermeture de comptes bancaires, le refus de services financiers et une détérioration de leur dossier de crédit.
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a identifié l’utilisation par la Turquie des mesures de lutte contre le financement du terrorisme contre des opposants présumés à l’étranger comme une forme de répression transnationale, citant des cas où des personnes ciblées par des gels d’avoirs ont ensuite rencontré des problèmes avec leurs comptes bancaires et leurs cartes de crédit.
Cet article est republié à partir du Stockholm Center for Freedom.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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