La Turquie commence le rapatriement de 184 détenus turcs de l’EIIL en Irak
Les points importants
- Rapatriement massif : 184 citoyens turcs soupçonnés de liens avec l'EIIL sont transférés d'Irak vers la Turquie, dans le cadre d'un accord entre Bagdad et Ankara.
- Un suspect clé du double attentat d'Ankara : Parmi les détenus figure Savaş Yıldız, recherché pour l'attentat de la gare d'Ankara en 2015 qui a fait 104 morts.
- Risques humanitaires : Human Rights Watch met en garde contre les procès en Irak, où la peine de mort est appliquée, et appelle les pays d'origine à rapatrier et juger leurs ressortissants.
La Turquie a entamé le rapatriement de 184 citoyens turcs détenus en Irak pour présumés liens avec l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le premier groupe arrivant à Ankara en provenance de Bagdad, a rapporté T24 vendredi.
Le premier groupe a été extrait de la prison centrale de Karkh, près de l’aéroport international de Bagdad, mais ni sa taille ni les noms des rapatriés n’ont été divulgués.
Parmi les 184 ressortissants turcs figure Savaş Yıldız, un fugitif impliqué dans le procès de l’attentat-suicide double perpétré devant la gare principale d’Ankara le 10 octobre 2015, qui a tué 104 personnes et blessé des centaines d’autres.
Yıldız est également accusé d’avoir fait exploser les bureaux du Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde dans les villes du sud d’Adana et de Mersin en mai 2015, quelques semaines avant une élection législative.
Le registre irakien le mentionne à la 80e entrée et donne des détails biographiques concordant avec les archives turques, mais on ignore s’il faisait partie du premier groupe de rapatriés.
Parmi les autres noms figurent İlyas Aydın, accusé d’avoir dirigé les opérations de l’EIIL à Istanbul ; Mahmut Gazi Tatar, dont le nom est apparu dans une enquête sur un réseau d’Adıyaman lié aux auteurs des attentats de Suruç et d’Ankara en 2015 ; et Burak Hazar, un temps recherché via une notice rouge d’Interpol dans une autre affaire liée à l’EIIL.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a transféré plus de 5 700 détenus adultes de sexe masculin des prisons dirigées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à majorité kurde dans le nord-est de la Syrie vers l’Irak entre le 21 janvier et le 12 février.
Cette opération a suivi une avancée du gouvernement syrien qui a suscité des craintes d’évasion et d’une résurgence de l’EIIL, des années après que le groupe a perdu le territoire qu’il avait conquis en Irak et en Syrie.
Le Conseil suprême judiciaire irakien a déclaré le 1er septembre avoir terminé l’interrogatoire de 5 704 détenus de 67 pays et qu’il transmettrait chaque dossier à un tribunal en fonction des preuves recueillies.
Bagdad a déclaré en février que la Turquie avait accepté de reprendre ses citoyens et a exhorté d’autres pays à rapatrier leurs ressortissants pour qu’ils soient poursuivis chez eux.
L’Irak autorise la peine de mort dans les affaires liées au terrorisme, et Human Rights Watch a mis en garde contre le risque de disparition forcée, de torture et de procès inéquitables pour les détenus, tout en exhortant leurs pays d’origine à les rapatrier et à les poursuivre lorsque des preuves étayent les accusations.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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