La Turquie condamne le projet controversé de colonisation israélienne en Cisjordanie occupée
La Turquie a condamné jeudi l’approbation par Israël d’un projet de colonisation hautement controversé en Cisjordanie occupée, affirmant que cette initiative isolerait le territoire de Jérusalem-Est et compromettrait toute solution à deux États.
Israël a déclaré jeudi qu’il avançait un projet de construction de plus de 3 000 logements à l’est de Jérusalem, relançant une proposition gelée depuis des décennies en raison de l’opposition internationale.
Le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, figure clé du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré que cette mesure visait à «enterrer définitivement l’idée d’un État palestinien» et répondait aux récentes reconnaissances de la Palestine par plusieurs pays.
Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que le projet dans la zone dite E1 «méprise le droit international et les résolutions de l’ONU» et «porte atteinte à l’intégrité territoriale de l’État de Palestine… ainsi qu’aux espoirs d’une paix durable».
Le développement d’E1, situé entre Jérusalem et la colonie de Maale Adumim, est perçu par les critiques comme un projet qui couperait effectivement la Cisjordanie de Jérusalem-Est occupée, rendant quasiment impossible la création d’un État palestinien viable.
Le ministère a réitéré le soutien d’Ankara à «un État palestinien indépendant, souverain et contigu sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale».
Les colonies en territoire occupé sont considérées comme illégales au regard du droit international, une position qu’Israël conteste.
L’ONU et l’UE ont également exhorté Israël à renoncer à ce projet.
«L’UE rejette tout changement territorial ne faisant pas partie d’un accord politique entre les parties concernées», a déclaré un porte-parole selon un communiqué.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy a estimé que ce projet devait être stoppé.
«Le Royaume-Uni s’oppose fermement aux plans de colonisation israéliens dans la zone E1, qui diviseraient un futur État palestinien en deux et constitueraient une violation flagrante du droit international», a-t-il déclaré à la BBC.
Ces dernières semaines, plusieurs pays ont annoncé leur intention de reconnaître un État palestinien dans les mois à venir, en réaction à la guerre en cours à Gaza, une initiative dénoncée par Israël.
Israël a lancé son offensive militaire à Gaza suite à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait 1 206 morts et environ 250 otages.
Selon le ministère de la Santé à Gaza, l’armée israélienne a tué plus de 60 000 Palestiniens et blessé plus de 142 000 personnes depuis le 7 octobre 2023.
Deux ONG israéliennes de premier plan ont rejoint le mois dernier des organisations internationales, des experts de l’ONU et des universitaires pour accuser Israël de commettre un génocide à Gaza.
B’Tselem et Physicians for Human Rights-Israël ont publié des rapports distincts sur les 21 derniers mois de conflit, affirmant qu’Israël perpétre un génocide contre les Palestiniens à Gaza et que ses alliés occidentaux ont le devoir moral et légal d’y mettre fin.
La Cour internationale de Justice (CIJ) examine également une plainte déposée par l’Afrique du Sud, accusant les forces israéliennes de génocide contre les Palestiniens à Gaza.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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