La Turquie étend les blocages de X aux journalistes et groupes de femmes dans le cadre de la répression LGBT
Les points importants
- Blocages élargis : Les comptes X de journalistes, de médias et de groupes de femmes sont désormais visés.
- Répression LGBT : Les restrictions ont débuté avec des opérations policières contre les organisations LGBT.
- Critiques des droits humains : Les autorités justifient ces mesures par la protection des enfants et de l'ordre social.
La Turquie a émis des ordres de blocage d’accès pour les comptes X de deux journalistes, d’un média et de groupes de défense des droits des femmes, élargissant une série de restrictions en ligne qui ont commencé par des opérations policières nationales ciblant les organisations et militants LGBT.
Les derniers comptes concernés appartiennent aux journalistes İrfan Değirmenci et Şirin Payzın, au média de gauche soL Haber, à la Coalition des femmes et à la Fédération des associations de femmes de Turquie (TKDF), ainsi que d’autres comptes, a annoncé mercredi le moniteur de censure EngelliWeb.
Les comptes n’avaient pas encore été masqués pour les utilisateurs en Turquie par X mercredi après-midi, ce qui signifie qu’ils pouvaient toujours être consultés malgré les décisions de blocage d’accès.
La cour ou l’organisme gouvernemental à l’origine des dernières décisions et les motifs juridiques invoqués n’ont pas été identifiés dans les premiers rapports.
Ces ordres marquent une nouvelle expansion des restrictions qui ont commencé le 12 septembre avec des sites Web et des comptes de médias sociaux appartenant à des organisations et militants LGBT.
32 autres comptes X, dont beaucoup appartiennent à des groupes et initiatives LGBT universitaires, ont été bloqués le 13 septembre, selon EngelliWeb, qui est géré par l’Association pour la liberté d’expression (İFÖD).
Les restrictions se sont étendues au-delà des organisations LGBT le lendemain.
Des comptes appartenant au quotidien Evrensel, à Amnesty International Turquie, aux Universitaires pour la paix et à l’Association d’études sur les médias et le droit (MLSA), ainsi que ceux de journalistes, de groupes de travailleurs et d’organisations de défense des droits, figuraient parmi les comptes X et Instagram bloqués le 14 septembre.
Une décision distincte du 13 septembre d’un tribunal d’İstanbul a bloqué des dizaines de comptes X pour cause d’obscénité, selon İFÖD.
Les derniers ordres affectent également les organisations de femmes qui s’étaient opposées aux opérations policières contre les groupes LGBT.
Le groupe de travail juridique de la Coalition des femmes et la TKDF figuraient parmi plus de 120 organisations de femmes qui ont signé une déclaration commune appelant à la fin des raids, des détentions et des restrictions en ligne.
La déclaration soutenait que la défense et l’organisation autour de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre ne sont pas des crimes et exprimait sa solidarité avec le mouvement LGBT.
Il n’y avait aucune information publique mercredi liant les dernières décisions de blocage au soutien des organisations à cette déclaration.
Les restrictions se déroulent en tandem avec une opération nationale lancée le 12 septembre sous le nom « Ma famille est en sécurité ».
Le ministre de la Justice Akın Gürlek a annoncé que les procureurs de cinq provinces coordonnaient des enquêtes couvrant 15 provinces et impliquant 162 personnes, neuf associations et 13 entreprises.
Le gouvernement affirme que les enquêtes concernent des allégations de facilitation de la prostitution, de production ou de distribution de matériel obscène et d’exposition d’enfants à de tels contenus.
Gürlek a également déclaré que des mesures de blocage d’accès avaient été imposées à un grand nombre de sites Web et de comptes de médias sociaux dans le cadre des enquêtes.
Le ministère de la Justice a envoyé le 14 septembre des instructions à 175 procureurs en chef de toutes les 81 provinces leur demandant de donner suite aux plaintes impliquant des documents jugés obscènes ou nuisibles aux enfants et aux jeunes et de demander le retrait de contenu ou le blocage d’accès si nécessaire.
Amnesty International a déclaré mardi que plus de 180 comptes de médias sociaux appartenant à des organisations LGBT, des militants, des journalistes, des médias et d’autres avaient été bloqués ou restreints depuis le début de l’opération.
Le compte Turquie d’Amnesty figurait parmi les comptes concernés. L’organisation a déclaré que X l’avait informée que le compte avait été masqué en Turquie à la suite d’une décision communiquée par la Présidence de la cybersécurité en vertu de l’article 8/A de la loi n° 5651 de la Turquie, tandis que le compte continuait d’être accessible à l’étranger.
Les groupes de défense des droits ont critiqué les opérations comme une attaque contre la liberté d’association et d’expression, tandis que le gouvernement affirme que les mesures visent à protéger les enfants, l’institution de la famille et l’ordre social.
Les enquêtes ont également conduit à des arrestations à travers le pays. Les tribunaux ont emprisonné 16 personnes à İzmir, sept à Ankara et 28 à Mersin, tandis que la police a détenu 106 personnes qui se sont rassemblées devant un tribunal d’İstanbul pour protester contre les opérations mardi.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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