La Turquie ne permettra pas une « mauvaise utilisation » de l’accord entre les militants kurdes syriens et Damas : ministère de la Défense
La Turquie ne tolérera aucune « mauvaise utilisation » du processus d’intégration entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), menées par des militants kurdes, et le nouveau gouvernement central syrien, a rapporté jeudi le quotidien Cumhuriyet, citant des sources du ministère de la Défense.
Ce rapport intervient un jour après une réunion entre hauts responsables et la presse dans une installation militaire de la province nord-ouest de Sakarya.
Les FDS, une alliance militaire kurde soutenue par les États-Unis, ont conclu en mars un accord historique avec le gouvernement transitionnel syrien pour dissoudre leurs structures autonomes et s’intégrer aux institutions militaires et civiles de l’État.
Cet accord, qui couvre les territoires riches en pétrole du nord-est longtemps sous contrôle kurde, a été salué par Damas comme un pas vers la réunification nationale après plus d’une décennie de guerre.
Les FDS sont dominées par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde que la Turquie considère comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit et qui mène une insurrection depuis des décennies en Turquie.
« Nous ne permettrons pas aux YPG/FDS d’exploiter ce processus d’intégration », ont déclaré des sources du ministère turc de la Défense citées par Cumhuriyet, réaffirmant qu’Ankara considère le groupe comme une entité terroriste, quel que soit l’accord conclu avec Damas.
La Turquie affirme que son objectif principal en Syrie reste la préservation de l’intégrité territoriale du pays, le rétablissement des capacités de sécurité de l’État et une coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme.
Cette déclaration intervient alors que les doutes turcs grandissent quant au rythme et à la transparence du processus d’intégration, le président Recep Tayyip Erdoğan ayant accusé la semaine dernière les FDS de retarder la remise des régions frontalières clés et des infrastructures pétrolières.
Depuis mars, le gouvernement syrien a progressivement repris le contrôle de plusieurs zones auparavant tenues par les FDS, notamment des postes de contrôle stratégiques, des prisons et le barrage de Tishrin.
Pourtant, les responsables turcs craignent que le groupe ne conserve une autonomie de facto sous couvert d’intégration formelle, protégeant ainsi ses combattants du désarmement ou de la relocalisation.
La Turquie ne fait pas partie de l’accord de paix syrien mais maintient une présence militaire significative dans le nord de la Syrie et a mené plusieurs opérations transfrontalières ciblant à la fois les YPG et les militants de l’État islamique.
Son empreinte militaire, combinée à son influence politique au sein de l’opposition syrienne, positionne Ankara comme un acteur externe clé dont la coopération ou la résistance pourrait influencer l’issue de toute transition politique à Damas.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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