La Turquie ordonne le gel de 6 314 comptes bancaires dans le cadre d’une enquête sur les paris illégaux liés à la Coupe du Monde
Les points importants
- Gel massif de comptes : La Turquie a gelé 6 314 comptes bancaires et interpellé 16 personnes dans une enquête sur des paris illégaux lors de la finale de la Coupe du Monde 2026.
- Enquête technologique : L’opération, coordonnée par un bureau spécialisé, a utilisé un système d’intelligence artificielle nommé AVCI pour identifier les comptes.
- Extension à la corruption footballistique : Cette affaire s’inscrit dans un vaste scandale de paris illégaux et de corruption présumée dans le football turc, avec des responsables de clubs interpellés.
La Turquie a ordonné le gel de 6 314 comptes bancaires présumés utilisés pour traiter des paris illégaux alors que la finale de la Coupe du Monde 2026 de la FIFA débutait dimanche, tandis que la police a interpellé 16 personnes dans le cadre d’une enquête sur un réseau accusé de gérer les paiements de paris.
Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a déclaré que les enquêteurs avaient identifié les comptes avant le match et envoyé des instructions à 32 banques pour les geler simultanément au début de la finale, une période censée générer une activité de paris particulièrement intense.
L’opération a été coordonnée par le Bureau d’enquête sur les paris illégaux et les crimes sportifs, une unité spécialisée créée en juin au sein du parquet général d’İstanbul.
M. Gürlek a précisé que les enquêteurs avaient également identifié 19 lieux décrits comme des « maisons de financement externes » qui auraient servi de centres de traitement des paiements pour des sites de paris illégaux.
Ces lieux auraient été utilisés pour collecter les gains des paris, gérer des comptes bancaires et des cartes, et transférer de l’argent entre des comptes liés aux plateformes de paris.
Le parquet a engagé des poursuites contre 23 suspects présumés liés au réseau. La police en a interpellé 16 lors de perquisitions dans les 19 lieux, tandis que les recherches se poursuivaient pour retrouver les sept autres.
Le parquet a indiqué que la police cybercriminelle avait identifié les comptes grâce à une analyse technique, des renseignements de terrain et un système assisté par intelligence artificielle appelé AVCI.
Les comptes, ouverts au nom de diverses personnes dans 32 banques, auraient été utilisés pour recevoir et transférer de l’argent lié aux paris illégaux. Les procureurs ont précisé que le report du gel jusqu’au début de la finale avait permis aux enquêteurs de surveiller le réseau avant de bloquer les transferts au moment du pic d’activité attendu.
Selon les chiffres cités par le parquet, les paris illégaux placés pendant la Coupe du Monde 2022 de la FIFA totalisaient environ 35 milliards de dollars. Les procureurs estiment que le chiffre pour le tournoi de 2026 pourrait atteindre 50 milliards de dollars, mais n’ont pas précisé la source ni la méthodologie de ces projections.
Les jeux d’argent sont strictement limités en Turquie, où seules les activités de paris et de loterie autorisées par l’État sont permises. Selon les enquêteurs, les réseaux de paris illégaux s’appuient de plus en plus sur des plateformes en ligne, des intermédiaires de paiement, des comptes bancaires ouverts au nom de tiers et des transferts en cryptomonnaies.
Cette dernière opération s’inscrit dans le cadre d’une répression plus large contre les paris illégaux et la corruption présumée dans le football turc.
Le scandale a éclaté en octobre 2025 après que la Fédération turque de football a ouvert une enquête sur des allégations de paris généralisés impliquant des arbitres. Il s’est ensuite étendu aux joueurs, aux dirigeants de clubs et à d’autres responsables du football, des centaines de personnes ayant été déférées devant des commissions disciplinaires et des dizaines faisant l’objet d’enquêtes pénales.
Dans une opération distincte vendredi, la police a interpellé 17 responsables de clubs, dont des dirigeants des clubs stambouliotes Galatasaray et Beşiktaş, soupçonnés d’avoir placé des paris alors qu’ils occupaient des fonctions officielles.
Le parquet d’İstanbul a précisé que son enquête sur les comptes bancaires et les centres de paiement suspects se poursuivait.




