La Turquie propose un règlement à 100 millions de dollars pour Halkbank lors des récentes discussions à la Maison Blanche : rapport
Des responsables turcs ont proposé un règlement de 100 millions de dollars pour résoudre l’affaire pénale américaine visant la banque publique Halkbank lors de la visite du président Recep Tayyip Erdoğan à la Maison Blanche le mois dernier, ont rapporté deux sources proches du dossier à Reuters.
Cette proposition, assortie de conditions supplémentaires, aurait permis à Halkbank d’éviter un aveu de culpabilité, une exigence majeure pour Ankara. La réaction des autorités américaines reste inconnue, tout comme l’éventuelle poursuite des discussions après la rencontre entre Erdoğan, le président Donald Trump et leurs conseillers à la Maison Blanche le 25 septembre.
Il s’agissait de la première visite d’Erdoğan à la Maison Blanche depuis 2019, après avoir été largement mis à l’écart sous l’administration Biden.
Halkbank est accusée aux États-Unis de fraude, blanchiment d’argent et complot pour avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions liées à son programme nucléaire. La banque plaide non coupable, invoquant son immunité en tant qu’institution publique.
Lundi, la Cour suprême américaine a rejeté le dernier recours de Halkbank, permettant à l’affaire de se poursuivre. Cette décision a fait chuter son action de 10%. La banque a ensuite affirmé poursuivre ses efforts pour parvenir à une « conciliation » avec Washington.
Les procureurs new-yorkais l’accusent d’avoir utilisé des sociétés écrans en Turquie, en Iran et aux Émirats arabes unis pour transférer clandestinement 20 milliards de dollars de fonds bloqués, convertir des revenus pétroliers en or et en liquide, et falsifier des expéditions alimentaires pour masquer ces transactions.
Ce contentieux s’inscrit dans un contexte de relations américano-turques fluctuantes. Les liens s’étaient fortement dégradés après l’achat par Ankara de systèmes de missiles russes S-400 en 2019, entraînant l’exclusion de la Turquie du programme d’avions de combat F-35 et des sanctions américaines.
Récemment, des signes de détente sont apparus, nourris par la relation personnelle entre Erdoğan et Trump. Cependant, la demande turque de réintégrer le programme F-35 n’a pas abouti lors de cette visite.
Erdoğan a longtemps dénoncé les accusations contre Halkbank, les qualifiant d’ »illégales » et « scandaleuses ».
Un éventuel règlement devrait dépasser 100 millions de dollars. Par le passé, des banques européennes ont payé des amendes bien plus lourdes pour violation de sanctions. BNP Paribas avait ainsi versé près de 9 milliards de dollars en 2014 dans un cas similaire.
L’affaire a déjà conduit à des condamnations. Mehmet Hakan Atilla, ex-cadre de Halkbank, a purgé trois ans de prison aux États-Unis pour violation de sanctions. Le trader turco-iranien Reza Zarrab, accusé d’avoir orchestré le système, a plaidé coupable et témoigné contre Atilla.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




