Le ministre turc de l'Intérieur Mustafa Çiftçi
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Le ministre turc de l’Intérieur provoque une réaction indignée d’Israël par ses déclarations sur Jérusalem

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Par Bosphorama

Publié le

Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a provoqué une réaction indignée d’Israël après avoir déclaré espérer un jour servir comme gouverneur de Jérusalem, laissant entendre que la ville reviendrait sous souveraineté turque.

Dans des propos diffusés sur les réseaux sociaux, Çiftçi a déclaré que tout comme on avait assisté à « la libération de Damas, Alep et du Karabakh », on verrait un jour « la libération de Jérusalem ».

Çiftçi, ancien gouverneur provincial, a affirmé avoir longtemps prié pour obtenir l’opportunité de gouverner Jérusalem « ne serait-ce qu’un seul jour ».

« Je crois que Dieu nous montrera ces jours. Il le fera certainement », a-t-il déclaré. « Comme par le passé, ces territoires nous reviendront. Ils seront à nouveau, si Dieu le veut, sous notre autorité. Car nous avons à notre tête un leader mondial, un dirigeant planétaire comme Recep Tayyip Erdoğan. »

Çiftçi, 55 ans, a été nommé ministre de l’Intérieur en février après avoir été gouverneur des provinces d’Erzurum et de Çorum.

Ses propos ont été tenus samedi lors d’un événement à Çorum.

Haut fonctionnaire de carrière et hafiz (ayant mémorisé le Coran), il suscite régulièrement des critiques des milieux laïcs et de l’opposition pour des gestes perçus comme incarnant le clivage historique turc entre religion et État.

Ses déclarations ont provoqué une réponse cinglante du ministre israélien de la Défense Israel Katz, qui s’est adressé directement à Çiftçi dans un post en turc sur X.

« Au ministre turc de l’Intérieur qui rêve de gouverner Jérusalem et profère des menaces, je dis ceci : Jérusalem n’est pas Constantinople et l’État d’Israël n’est pas un Empire croisé en déliquescence », a écrit Katz.

Il a affirmé qu’Israël était « un État fort et déterminé » ayant prouvé sa capacité à se défendre contre toutes les menaces.

« Jérusalem est la capitale du peuple juif depuis 3000 ans et restera la capitale d’Israël pour l’éternité », a-t-il ajouté, précisant que l’Empire ottoman « s’est effondré et ne reviendra jamais ».

Katz a également accusé Çiftçi et Erdoğan de renier l’héritage de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne, et de vouloir entraîner le pays « dans une ère d’obscurantisme et de régression ».

Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi séparément sur X : « Réveillez-vous et sentez le café. Le corrompu Empire ottoman a disparu. Pour toujours. Jérusalem DC (la capitale de David) restera la capitale éternelle d’Israël. Pour toujours. »

Les déclarations de Çiftçi rappellent celles d’Erdoğan en 2020 au parlement turc : « Jérusalem est notre ville, une ville qui nous appartient », en référence à la domination ottomane sur la ville avant la Première Guerre mondiale.

Cet échange intervient dans un contexte de tensions durables entre la Turquie et Israël, dont les relations se sont fortement dégradées avec l’offensive israélienne à Gaza.

Alliés militaires et diplomatiques dans les années 1990, leurs relations avaient commencé à se détériorer après la guerre de Gaza de 2008-2009 avant de s’effondrer suite à l’assaut israélien contre le Mavi Marmara en 2010, où des commandos avaient tué 10 militants turcs tentant de briser le blocus de Gaza.

Un dégel était intervenu en 2022 avec la visite du président israélien Isaac Herzog à Ankara, mais l’offensive israélienne à Gaza après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a ravivé l’animosité entre les deux pays.

Cette campagne a dévasté la bande de Gaza, faisant plus de 75 000 morts palestiniens selon les autorités sanitaires locales et déplaçant près de 2 millions de personnes.

Le statut de Jérusalem constitue l’un des enjeux centraux du conflit israélo-palestinien.

Israël a occupé Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours en 1967 avant de l’annexer, une décision non reconnue par la majorité de la communauté internationale.

Les Palestiniens voient Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État, tandis qu’Israël revendique l’ensemble de la ville comme sa capitale.

Les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël sous la présidence de Donald Trump en 2017 et y ont transféré leur ambassade, rompant avec un consensus international vieux de plusieurs décennies.

La Turquie avait vivement condamné cette décision. Erdoğan avait averti qu’une reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne franchirait une « ligne rouge » pour les musulmans, qualifiant après coup cette initiative de « nulle et non avenue ».

Ankara avait également mené l’opposition internationale à ce mouvement, reprochant à la communauté internationale son manque de fermeté.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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