Des Arméniens participent à la marche aux flambeaux annuelle à la veille de la Journée du souvenir du génocide à Erevan, le 23 avril 2026, marquant le 111e anniversaire des massacres de la Première Guerre mondiale sous l’Empire ottoman en 1915. (Photo de KAREN MINASYAN / AFP)
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Les Arméniens commémorent les massacres de la Première Guerre mondiale et s’inquiètent d’un rapprochement avec la Turquie

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Par Bosphorama

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Alors que les Arméniens commémorent les 111 ans des massacres de leur peuple sous l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, certains à Erevan expriment leur colère face à une normalisation des relations avec la Turquie sans concessions.

L’Arménie et la Turquie ont amorcé un rapprochement ces dernières années, après des décennies d’hostilité liées aux massacres de la Première Guerre mondiale et au soutien d’Ankara à l’Azerbaïdjan dans son conflit de longue date avec Erevan.

Les deux parties ont pris des mesures pour ouvrir leur frontière terrestre après plus de trois décennies, tandis que la compagnie aérienne turque a lancé des vols directs vers Erevan le mois dernier.

« Les frontières doivent être ouvertes, mais chaque chose en son temps. Même sans tenir compte du génocide, nous sortons tout juste d’une guerre. Inutile de se précipiter », déclare Azat Aleksanyan, un informaticien de 29 ans à Erevan.

Lors d’un rassemblement dans la capitale jeudi, des centaines de jeunes ont brandi des torches en mémoire des massacres de 1915, que l’Arménie et plus d’une vingtaine de pays reconnaissent comme un génocide – une accusation fermement rejetée par la Turquie.

« Je pense que tous les pays devraient le reconnaître, car c’est très important », affirme Vrej Kiledjian, un technicien informatique de 21 ans participant au rassemblement.

Il s’opposait à l’ouverture de la frontière.

« Ce n’est pas très bénéfique pour l’Arménie. Pas pour l’économie, mais pour le peuple », explique Kiledjian.

L’Arménie a livré deux guerres majeures contre l’Azerbaïdjan, allié de la Turquie, depuis la chute de l’Union soviétique.

Une offensive azerbaïdjanaise en 2023 a provoqué un exode des Arméniens ethniques de la région du Karabakh.

L’Arménie et la Turquie n’ont pas de relations diplomatiques et leur frontière terrestre est fermée depuis 1993.

Mais les deux parties ont manifesté leur intérêt pour un réchauffement ces dernières années.

En 2021, les deux pays ont nommé des envoyés spéciaux pour explorer une voie vers la réconciliation.

Les relations se sont encore détendues depuis l’accord de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie négocié par les États-Unis l’an dernier, bien que des points de friction subsistent, comme l’emprisonnement par Bakou de séparatistes arméniens.

« Nous voulons la paix »

Artur Avanesyan, un vétéran arménien de 55 ans et figure clé de la campagne électorale du milliardaire d’opposition Samvel Karapetyan, s’est exprimé auprès de l’Agence France-Presse depuis le complexe mémorial du génocide arménien, Tsitsernakaberd.

« Trois millions d’Arméniens vivent aujourd’hui en Arménie, 10 millions ailleurs dans le monde. Et aujourd’hui, ils sont unis par une même douleur : celle du génocide », a-t-il déclaré jeudi.

« Cela n’a pas été oublié et ne le sera jamais. Aujourd’hui, nous voulons la paix, une paix stable, juste et forte », a-t-il ajouté.

Il a également demandé la libération des séparatistes arméniens emprisonnés en Azerbaïdjan.

« Sans le retour de ces patriotes, une paix juste est impossible », a-t-il affirmé.

Après son discours, des dizaines d’écoliers sont venus déposer des fleurs au monument, intégré à une colline surplombant la capitale.

L’Arménie cherche depuis longtemps à obtenir la reconnaissance internationale que les massacres sous l’Empire ottoman entre 1915 et 1917 constituent un génocide, faisant 1,5 million de morts.

La Turquie rejette catégoriquement l’accusation de génocide et affirme que les morts arméniens et turcs sont une conséquence de la Première Guerre mondiale. Elle évoque un bilan de plusieurs centaines de milliers de victimes.

Araksya Zakaryan, une dentiste de 40 ans se promenant à Erevan avec ses deux filles, confie que « la douleur persiste ».

« Bien sûr, nous nous souvenons et nous nous souviendrons. J’espère qu’un jour cette question sera résolue et que les gens regretteront leurs actes ou ceux de leurs ancêtres. »

© Agence France-Presse

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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